RÉFÉRENCES

 

Références scientifiques qui viennent appuyer mon travail à stimuler l'analyse du traitement auditif par la résonnance de la voix auprès des enfants en difficultés d'apprentissage.

 

Références de neuroplasticiens (neuroscience) reconnus par les scientifiques chevronnés.

Il y a toujours l’épisode de l’émission The Nature Of Things, intitulé « THE SCIENCE OF THE SENSES : HEARING », que j'ai déjà suggéré de consulter lors des visioconférences précédentes.

Dr Gabrieli de MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui a fait une recherche sur le temps de l'analyse des sons engrammés du langage.

Dr Michael Merzenich qui, avec Paula Tallal et Bill Jenkins, a mis sur pied la compagnie "Scientific Learning" (www.scilearn.com) et qui ont, d’après leurs conclusions, instauré un programme électronique de rééducation auditive nommé "Fast For Word".

De plus certaines lectures de leurs conclusions sont assez vulgarisées pour qu'on les comprenne bien.

Le Dr Norman Doidge M.D. dans son livre : THE BRAIN THAT CHANGES ITSELF , nous réfère à plusieurs auteurs anglophones reconnus. Le chapitre 3 de ce livre met en évidence l'apport des 5 sens dont l'ouie, qui joue un rôle capital dans la transformation des messages sonores en plus des approches préconisées par ces auteurs. Ce livre a maintenant été traduit dont le titre est : LES ÉTONNANTS POUVOIRS DE TRANSFORMATION DU CERVEAU.

 

Autre lecture éclairante: celle de Bruce H. Lipton, Ph. D. dont le titre est THE BIOLOGY OF BELIEF qui décrit bien comment l'humain vibre à toutes les énergies de son environnement. Il touche alors le côté plus spirituel et non religieux de nos vies, mais comme tu le sais, la communication est globale et non sectionnée en compartiments fermés. Je ne sais pas si ces auteurs ont été traduits. Reste à vérifier.

 

De plus, je vous propose de lire cet article sur le lien entre la dyslexie et les troubles de langage.

 

Finalement, en français, un document de l'institut Raymond-Dewar intitulé LE TROUBLE DU TRAITEMENT AUDITIF_TTA

 

 

Dr Joël Monzée, Docteur en neurosciences

Psychothérapeute accrédité en PCI (Psychothérapie corporelle intégrée)

 

Il pratique à Montréal. Il possède une grande compétence au sujet de la médicamentation.

 

Site internet : www.institutdef.ca

Courriel : info@institutdef.ca

Téléphone : 514-383-8615 poste 228.

 

J’ai visionné la vidéo intitulé : Gifted children misdiagnosed with ADHD que je vous propose fortement de consulter. Voici le lien : Video

 

Je crois qu'il me faudra donner une information scientifique succincte sur l'efférence, l'afférence et l'inférence en début de nos visioconférences, afin d'ouvrir à une plus grande compréhension de nos outils d'apprentissage.

 

 

Avant de répondre aux questions, je crois fort pertinent et intéressant d’apporter ici quelques précisions sur le déroulement biologique de l’information. Autrement dit, connaître le chemin parcouru dans notre corps par toutes les perceptions de notre environnement, saisies à partir de nos cinq sens.

 

D’abord reprenons la définition de certains termes:

A)    Efférent : Nerf ou vaisseau qui sort d’un organe, d’un centre nerveux.

B)     Afférent : Nerf ou vaisseau qui arrive à un organe, à un centre nerveux.

C)     Inférence : (déduction) Opération intellectuelle par laquelle on passe d’une vérité à une autre vérité, jugée telle en raison de son lien avec la première.

 

Voilà donc le chemin de l’information de notre biologie. Dans un premier temps, les sens recueillent l’information de notre environnement immédiat, par la voie des nerfs la transmettent au cerveau qui lui, retourne par la suite aux organes, aux muscles, au cerveau frontal et à tout le corps, les actions à mettre de l’avant afin de répondre adéquatement aux messages reçus.

Nous arrivons donc à saisir le pourquoi de l’urgence à évaluer toute perception avant de conclure à une problématique neurologique.

 

Dans mon livre intitulé : MIEUX ÉCOUTER POUR SE RÉALISER de la collection COACH de la maison d’édition IQ, j’ai détaillé le pourquoi de l’urgence à procéder à l’évaluation des perceptions visuelles et auditives qui sont essentielles à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, tout autant que les mathématiques.

Puis, j’ai démontré le comment de la démarche de la rééducation auditive par la technique de la résonance de la voix dans le DVD que j’ai réalisé avec Michel Comeau intitulé : PRÊTER L’OREILLE POUR MIEUX APPRENDRE. Je vous invite fortement à prendre connaissance de ces deux documents que vous pouvez vous procurer en ligne sur ma page Web.

QUESTIONS ET RÉPONSES

Mise en situation : Aux pages 47, 53, 54, 65 et 69 de votre ouvrage, vous présentez des graphiques comparant le profil d’écoute d’un enfant « idéal » aux profils d’enfants ayant des difficultés d’apprentissage divers. Comme enseignant de science et technologie, j’ai particulièrement apprécié cette méthode de présentation ; elle m’a vraiment aidé à comprendre les nuances entre, par exemple, la dysphasie et la dyslexie.

Question 1: Comment en êtes-vous arrivé à ces graphiques ? Autrement dit, proviennent-ils de la littérature, ou avez-vous fait une recherche, et, si oui, quelles étaient les modalités de celle-ci ?

Réponse : Voilà mon long cheminement ! J’ai lu, cherché conseils et soutien auprès de gens déjà engagés dans cette aventure de recherche par l’observation et l’expérience. En plus, j’ai été soutenue par le courage des parents en quête d’une approche répondant aux réalités de leurs enfants, plutôt que de devoir accepter un étiquette qui, selon eux, ne convenait pas du tout à leur bébé qu’ils ont vu grandir et se développer normalement sur plusieurs autres aspects de leur capacité. Il m’est important de vous dire que ce sont presque tous des enfants très intelligents qui, tout petits, ont fait une image très claire et nette de ce qu’ils ont saisi de leur environnement, mais se sentent lésés dans une structure trop lente pour leur intelligence vive. Je vous donne un exemple : On présente à un jeune enfant un beau petit chat. Il le flatte, le trouve doux et aime l’entendre ronronner. Il fixe alors dans sa mémoire visuelle l’image de ce minou si mignon. Une fois à l’école, on lui dit d’écrire CHAT pour représenter cet animal si doux. Quelle affaire ! Il lui faut faire le lien avec CH qui fait ssssshhhhhhhhh et le a, puis, qu’est qu’il fait là ce t? Selon lui, c’est trop long et surtout non représentatif de ce qu’il a associé à ce chat dans sa mémoire visuelle. Donc, logiquement, il n’a aucun intérêt ou motivation, comme on le dit si bien, à changer son mode d’opération. Le malheur, c’est que l’on évalue selon la réponse écrite (visuelle) et il ne s’y conforme pas. L’on considère alors qu’il est en situation d’échec et on lui demande de travailler en surtemps pour combler au manque, alors que lui n’en voit aucune utilité. Il se campe alors dans son mécanisme de défense et devient EN OPPOSITION. C’est ce que j’appelle le mécanisme de défense !

C’est une longue digression que j’ai crue nécessaire ici, afin de vous donner le pourquoi de mon long cheminement avant de l’avoir écrit dans le livre que vous avez tous lu et de vous présenter cette approche sur vidéo. Sachez que mes lectures et expériences se poursuivent de jour en jour et mon espoir le plus grand est de me doter d’une équipe d’enseignants pratiquant cette approche, afin de diminuer sérieusement le décrochage et surtout cette fausse conviction qu’un médicament peut contrer les étapes mal franchies des apprentissages plus intellectuels qui relèvent du cerveau frontal. Celui-ci doit être programmé avec minutie et surtout avec beaucoup de présence, afin qu’il apprenne les rudiments de toutes les stratégies d’apprentissage sans avoir recours à l’évitement ou l’opposition. Il pourra alors performer avec succès.

Question 2: Serait-il préférable de revenir aux méthodes 'anciennes'  alors qu'on enseignait aux enfants de première année les sons,  avant de leur faire calligraphier. Serait-ce utile, plutôt  que de s'en remettre aux étiquettes-mots qui sont d’abord et avant tout une méthode visuelle?

Réponse : Je crois essentiel de réintégrer à tout apprentissage l’apport de l’auditif. Cependant, l’objectif visé n’est pas de favoriser l’un ou l’autre, mais bien d’assurer la concomitance de l’un à l’autre. Autrement dit, il faut qu’au son perçu avec justesse s’y associe simultanément la graphie correspondante et vice-versa. C’est ainsi qu’on fait la guerre aux devinettes qui mènent toujours à l’échec…..S’en remettre aux étiquettes-mots comme vous le dites, stimule principalement l’apport visuel, car l’image à l’arrière du mot devient le repère utilisé au lieu de pratiquer l’engramme sonore qui permet de retourner à l’image visuelle. Voilà aussi pourquoi les élèves ont de plus en plus de difficulté à réussir une production écrite de leur niveau scolaire et même de leur niveau intellectuel. Ils cherchent à voir des mots écrits sur leur papier sans se donner le plaisir de s’entendre exprimer leurs idées. Cela déclenche un stress très important, car ils sont à la merci de l’opinion de leur enseignant(e) sans pouvoir s’auto évaluer. Donc, sans savoir comment se récupérer….Il est donc plus rassurant de se réfugier dans notre imaginaire (lune), afin d’y retrouver un semblant de calme.

Question 3: À quelques reprises, dans votre ouvrage, vous affirmez qu’il importe de donner de nouvelles stratégies d’écoute aux enfants qui présentent une dysfonction de l’écoute centrale. De quelles façons pourrions-nous nous inspirer de ces stratégies dans notre enseignement au secondaire?

Réponses : Les mêmes que pour les plus jeunes. Reste à les adapter aux étudiants en notre présence, ce qui requiert de la part de l’enseignant une écoute du ressenti au groupe, afin de leur assurer une présence réelle, au lieu d’une attente de résultat précis. Il est très important de toujours garder en tête que les adolescents ont besoin de se mesurer afin de pouvoir se démarquer. Il leur est pénible de passer de l’enfance à la vie d’adulte. Chavirés par les hormones, ils ont perdu tous leurs repères de vie. Pas étonnant qu’ils chahutent leur environnement le plus précieux : leur famille. L’école devient leur milieu de vie secondaire. Là, ils réussissent à se doter d’un autre noyau enveloppant : la gang. Reste à voir si la gang est valable ou destructrice. Leur accorder une oreille attentive à leur écoute les incite à en faire autant pour eux. Dans cette écoute, ils apprendront. C’est notre rôle premier d’éducateur.

Je suis convaincue que pour y arriver, il nous faut OUBLIER LA RÉPONSE! Je m’explique : Nous aussi sommes imbus de visuel. Voilà qu’il nous est facile de constater que notre réussite en tant qu’enseignant passe par les bonnes réponses (résultats) de nos élèves à l’examen. Oui, il nous faut évaluer nos élèves et comptabiliser leurs bonnes réponses. Mais, j’insiste pour que l’on se remémore que c’est l’étape finale. L’engramme des apprentissages se fait à la répétition de données ou concepts dans une structure définie supportant les stratégies. Je vous détaille les étapes :

1. Assurer la réceptivité à l’écoute.

2. Période (temps) pour saisir le message auditif.

3. Transférer ce message dans une image ou suite d’images.

4. Stocker en mémoire (visuelle et auditive) le concept ou la donnée déjà saisie.

5. Utiliser ces concepts comme repères afin de réussir l’inférence essentielle aux prochaines étapes de l’apprentissage.

Le tout s’intègre par la pratique ou la répétition exacte de la structure élaborée. Voilà pourquoi les athlètes olympiques se qualifient aux jeux. Il leur reste à performer lors d’un très grand stress à leur évaluation, s’ils veulent gagner une médaille.

 

Question 4: Dans mes classes au secondaire, je retrouve souvent des élèves présentant des troubles au niveau de l’attention et de l’hyperactivité. Selon vous, quelles stratégies d’apprentissage pourrais-je utiliser dans mon enseignement pour aider ces élèves? Mes classes sont très nombreuses, l’enseignement de type un à un (tutorat) est pratiquement impensable.

Réponse : Je crois qu’il sera de plus en plus difficile de capter l’attention des ados toujours branchés à un bidule électronique qui leur donne une image intéressante et immédiate, sans qu’ils n’aient rien d’autre à faire que d’appuyer sur un bouton. Malheureusement, il n’existe pas, sur leur instrument, un bouton qui leur permet de « zapper » le prof! Ils deviennent impatients et intolérants, ne peuvent plus attendre. Malgré tout, je crois fermement qu’il nous revient d’être vigilant à rester ferme devant nos consignes déjà précisées et que nos étudiants devraient avoir déjà acceptées, car souvenez-vous que les ados cherchent de nouveaux repères pour se démarquer.

Ceci dit, voici quelques étapes à instaurer, afin de favoriser tout apprentissage:

1. Assurez-vous que le message ou le concept soit bien saisi.

2. Avant de les lancer dans un travail d’écriture, vérifiez s’ils ont fait une écoute bénéfique du concept afin d’avoir en tête l’image ou la suite d’images qu’ils pourront exprimer selon une structure de phrase acceptable.

3. Assurez-vous qu’ils ont bien structuré leur pensée avant de commencer l’écriture.

Pour se faire, oubliez la réponse jusqu’à ce que ces étapes soient réussies, car cette démarche équivaut à chercher leur chemin avant de se jeter à l’aventure.

Question 5 : Est-ce que la thèse voulant que l'écoute centrale dysfonctionnelle puisse être à l'origine de difficultés d'apprentissage a fait l'objet de réfutation dans le monde scientifique?  Y a-t-il des opposants à cette thèse?

Réponse : Évidemment! Tout ce qui sort du connu connaît forcément la controverse, car toute personne en perte de ses repères ressent un sentiment de panique face à l’inconnu. Non seulement lui faut-il de l’information logique, mais encore, il lui faut des adeptes de cette nouvelle façon de faire ou de comprendre un nouveau concept ,afin qu’il se rassure qu’il n’a pas la berlue, mais aussi il lui faut du temps pour en faire sa propre expérience.

Qu’a-t-on dit de Christophe Colomb, de Freud, des frères Wright, d’Alfred Einstein ou de Bill Gates??? Tout nouveau atteint à la sécurité.

Question 6 : Le neurologue Rourke (1989) parle du trouble d'apprentissage non verbal et soutient que la cause de celui-ci est la dysfonction de l'hémisphère droite du cerveau. Pourriez- vous nous expliquer davantage comment la rééducation de l'écoute centrale peut contribuer au remède à ces troubles, notamment ceux reliés aux matières scientifiques?

Réponse : Oui, le rôle du corps calleux devient essentiel à comprendre ici.

Comme vous l’avez tous lu, chacun des hémisphères du cerveau joue un rôle très précis dans le transfert de l’information. Évidemment, je réfère ici au rôle type, même si de plus en plus, les neuro-physiciens découvrent une plasticité (caractéristique d’une matière très malléable) très importante aux cellules du cerveau. Je parle donc de l’autoroute de l’information cérébrale. Étant donné que chacun des hémisphères est responsable en partie de l’information globale, il faut s’assurer de pouvoir traverser d’un hémisphère à l’autre par le Corps Calleux qui assume la fonction de pont dans ce transfert. Or, ce pont, pour être traversé, se doit d’être libre de toute embûche…

L’embûche principale est celle de la peur de l’échec qui nous garde dans une bulle de protection imaginaire (Hémisphère droit de cerveau) en fuyant ce qui nous cause inquiétude tel ‘’ Je ne sais pas quoi faire ou comment faire…’’ (Hémisphère gauche du cerveau).

La deuxième embûche est celle d’une structure logique dont les engrammes sont inadéquats surtout en ce qui concerne les matières plus scientifiques. Je répète les étapes pour assurer cette structure :

1.      Les repères

2.      La notion connue, jumelée à une structure logique déjà acquise

3.      Utiliser l’induction pour en arriver aux déductions.

En gros, cela veut dire s’assurer d’abord que l’élève a tellement bien saisi le message qu’il est capable de l’exprimer simplement sans avoir à recourir à des formules apprises par cœur sans en saisir toute la portée. Il pourra alors l’utiliser afin d’élaborer sa logique.

Mise en situation : J’ai visionné la vidéo, je vous félicite car vous faites un travail remarquable avec ces enfants.  Elizabeth   a  le déficit de l'attention  et l’hyperactivité. Votre approche  avec le son lui a  redonné confiance  et elle a développé son estime de soi.

Question 7 : Quelle est la différence entre le déficit de l’attention avec, ou sans, hyperactivité (TDA/H) et le trouble du traitement auditif (TTA)?

 

Réponse : Le vocable : trouble du traitement auditif est la catégorie qui comprend tous les profils décrits dans mon livre. Le déficit de l’attention avec, ou sans, hyperactivité est une manifestation du trouble du traitement auditif. C’est le profil de son écoute qui nous donne les précisions de sa difficulté à l’analyse des sons pourtant bien entendus. Voilà, le profil du Déficit de l’attention présente plusieurs fréquences superposées et celui de l’hyperactivité est représenté par le croisement de l’oreille gauche sur l’oreille droite à plusieurs fréquences. Chacun nous explique les nuances de la manifestation de son trouble du traitement auditif. Il nous est alors facile devant ces profils précis de comprendre de quel désordre il s’agit. Souvent, l’on conclut à un désordre cérébral, alors que le problème vient du fait que le message transmit au cerveau est tordu. Heureusement, la situation est réversible. Il devient impératif de déployer tous nos efforts pour enrayer cette mauvaise analyse avant qu’elle n’atteigne le cerveau.

 

 

Question 8 : Comment je vais transposer votre approche dans mon cours en mathématiques au secondaire?

 

Réponse : Toutes les étapes déjà énumérées à la réponse de la question 3 doivent être suivies à la lettre. J’ajouterai qu’en plus il faut donner au symbole mathématique une place privilégiée dans l’intégration des démarches mathématiques.

De deux choses l’une : ou bien l’étudiant aime les maths parce que les symboles lui permettent d’aller de son raisonnement pour en arriver plus vite à la réponse (alors, il aime les maths et réussi), ou bien l’étudiant saute par-dessus le message des symboles et tente de deviner ce qu’il faut faire avec les chiffres et rate à répétition. Par conséquence, il déteste les maths.

EN RÉSUMÉ : Assurez-vous que les étudiants savent reconnaître le message véhiculé par les symboles mathématiques avant de passer aux opérations comme telles. Ex : ½, que veut dire l’oblique??? Savent-ils qu’elle remplace le mot DIVISER? Cette signification est souvent ignorée par l’étudiant et le voilà devant une incertitude. C’est l’impasse!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Question 11: Étant atteinte de surdité à 90% d'une oreille, je devrais avoir des troubles de l'audition centrale (puisqu’il n'y a pas confirmation du message). Pourtant, à part des problèmes de torticolis récurrentsDescription : http://www.usherbrooke.ca/moodle-cours/theme/udes/pix/s/sad.gif, je n'ai pas souffert de problèmes de communication, ni d'apprentissage ...

Réponse : L’organisme fonctionne toujours pour corriger un manque. Le cerveau s’organise alors pour réajuster sa façon de fonctionner pour rétablir la fonction en difficulté le mieux possible. Je ne sais pas ce qui a causé cette surdité dans une oreille. Si au départ, vous n’aviez pas de dysfonction du traitement auditif, votre bonne oreille s’en accommodera. Ce n’est pas parce que vous vivez avec une perte de capacité auditive que vous aurez, ipso facto, une difficulté au traitement de ce que votre bonne oreille vous permet d’entendre.

Question 12 : Avez-vous des trucs concrets pour les enseignants ayant des élèves aux prises avec un trouble auditif qui ont besoin d’interprète ou d’appareillage à l'intérieur d'un groupe ? Comment les aider à garder le focus et la concentration ? J'ai remarqué que cela était difficile pour eux (avec les appareils, bruits ambiants, distorsion, etc.) et demandait plus d'efforts que les autres élèves qui ont déjà de la difficulté eux-mêmes sans problèmes distincts !! 

Réponse : Malheureusement, je n’ai jamais travaillé avec des étudiants en perte de capacité auditive. Je ne peux pas vraiment vous répondre adéquatement. Ce que je peux vous dire, c’est qu’une enseignante qui travaillait avec eux a appris le langage des signes et l’utilisait en même temps que son langage normal. Sinon, il leur faut des interprètes chevronnés, qui sauront intervenir afin de rendre leurs travaux d’une qualité équivalente à leur capacité intellectuelle car, utiliser un handicap pour minimiser notre engagement à la réussite déclenche toujours un mécanisme de défense nuisible qui met en place un bénéfice secondaire immédiat qui, à long terme, freine sérieusement le développement normal de la personne.

Si par contre, vous me parlez d’élèves en difficultés d’apprentissage occasionnés par une dysfonction de traitement auditif avec profil à l’appui, alors je vous invite à lire la réponse de la question numéro 4.

Question 13 : Croyez-vous qu'une technique comme la vôtre pourrait aider une enfant de 3 ans qui présente de légères difficultés à s'exprimer à cause de son frein de langue trop petit ?  Les médecins refusent de le couper pour l’instant, mais nous voyons déjà un léger trouble du langage.

Réponse : De façon générale, jusqu’à 3 ans, l’on ne se préoccupe pas d’une difficulté de langage car le développement des différentes fonctions biologiques du corps s’organise selon leurs caprices. Par contre, dès 3 ans, il faut être vigilant et observer de déroulement de celui-ci. Or, pour l’enfant qui vous concerne, il est impératif de demander au médecin traitant la raison qui motive son choix de non intervention, s’il réalise lui aussi la grande difficulté de l’enfant à articuler les mots dont il saisi déjà le sens. Suite à cette information, vous serez en mesure d’évaluer son propos en fonction de votre expérience. Si le diagnostique ne vous convient pas, consultez ailleurs. Si le médecin traitant croit qu’il lui faut uniquement une stimulation plus soutenue alors, reprenez le babillement des sons tels que ceux que les bébés font spontanément pour apprivoiser et placer les sons qu’ils entendent. Si, à 4 ans, rien ne s’est replacé, alors, il faudra un suivi soutenu en orthophonie ou en ostéophonie, comme je le pratique. Vous avez raison de vous préoccuper. Ne vous inquiétez pas outre mesure. On a le temps d’intervenir. Je suis d’accord avec vous, il ne faut pas pour autant laisser faire. Bon Courage!

Question 14 : Je suis issu du milieu scientifique et mon implication en enseignement des sciences est pour moi une seconde carrière. Tout ou long de celle-ci on m'a appris la rigueur scientifique. Je pense inculquer cette notion essentielle à mes futurs étudiants. À mon sens, tout traitement ou toute technique doit démontrer un minimum de résultats quantifiables, ne serait-ce que léger, modéré etc… pour être utilisable. Ainsi, lorsque vous mentionnez à la page 116 de votre livre, que vous ne pouvez établir de taux de réussite, j'aimerais que vous précisiez d'avantage votre position, outre le fait que l'histoire de chacun est différente.

Réponse : C’est en effet une statistique qui éclaire rapidement sur les bénéfices de cette approche. Pourquoi je ne l’ai pas faite, même si je sais qu’elle est nécessaire? Parce que je n’ai pas le temps de la calculer. La raison en est très simple. Lorsqu’on me consulte pour une intervention auprès d’un enfant en difficulté, il devient ma priorité. Je suis toute disposée à payer quiconque s’intéresse à établir cette donnée de façon sérieuse et scientifique. Seriez-vous prêt à la calculer?

Question 15 : Puisque tout bouge très rapidement dans notre société moderne et que nos adolescents du secondaire sont très stimulés visuellement de façon constante (internet, téléphone portable, télévision, etc...) et qu'ils se sont habitués à un environnement bruyant autour d'eux, croyez-vous qu'ils ont perdu le sens de l'écoute et que cela va finir par leur nuire un jour ou l'autre dans leurs études?

Réponse : Je ne le crois pas, j’en suis convaincue! Pourquoi? Parce que c’est par l’écoute que l’on crée une image qui nous permettra de stocker en mémoire un concept ou une notion acquise. Je vous transmets donc l’information que j’ai donnée hier et je la compléterai à la fin pour préciser comment les étudiants, toujours en face d’une image parfaite et immédiate, perdent la capacité de la créer. Voici la réponse déjà partagée.

Comme vous l’avez tous lu, chacun des hémisphères du cerveau joue un rôle très précis dans le transfert de l’information. Évidemment, je réfère ici au rôle type même si de plus en plus les neuro-physiciens découvrent une plasticité (caractéristique d’une matière très malléable) très importante aux cellules du cerveau. Je parle donc de l’autoroute de l’information cérébrale. Étant donné que chacun des hémisphères est responsable en partie de l’information globale, il faut s’assurer de pouvoir traverser d’un hémisphère à l’autre par le Corps Calleux qui assume la fonction de pont dans ce transfert. Or, ce pont pour être traversé, se doit d’être libre de toute embûche…

L’embûche principale est celle de la peur de l’échec qui nous garde dans une bulle de protection imaginaire (Hémisphère droit de cerveau) en fuyant ce qui nous cause inquiétude tel ‘’ Je ne sais pas quoi faire ou comment faire…’’ (Hémisphère gauche du cerveau). La deuxième embûche est celle d’une structure logique dont les engrammes sont inadéquats surtout en ce qui concerne les matières plus scientifiques. (Voilà pourquoi la médication a une telle popularité : elle anesthésie cette émotion paralysante devant l’incapacité à gérer la démarche à élaborer une solution.)

De plus, comme le cerveau ne fonctionne que par image, il est très heureux qu’on les lui fournisse à un rythme continu. Il n’a rien à faire. L’hémisphère gauche du cerveau est en vacances. L’étudiant devient accro à ses bidules, car l’hémisphère droit de son cerveau cherche constamment l’image. Comment faire pour profiter de ces inventions très utiles comme notre moyen de communiquer ce soir, sans avoir à se déplacer et quand même développer les démarches favorisant la création de nos propres images nous permettant de structurer et exprimer nos pensées personnelles de créativité?

Je répète les étapes pour assurer cette structure :

1. Les repères

2. La connaissance des notions jumelée à une structure logique déjà acquise

3. Utiliser l’induction pour en arriver aux déductions.

En gros cela veut dire s’assurer d’abord que l’élève a tellement bien saisi le message qu’il est capable de l’exprimer simplement sans avoir à recourir à des formules apprises par cœur sans en saisir toute la portée. Il pourra alors l’utiliser afin d’élaborer sa logique

Question 16 : Avez-vous des trucs à donner aux parents pour les aider à  identifier un trouble auditif avant l’âge scolaire des enfants?

Réponse : Oui! Toujours observer un geste ou une attitude pour s’assurer qu’il y a progression, car souvent, l’expérience à répétition du jeune lui procurera une bonne fluidité dans toute habileté qu’il développera tout au long de son enfance. Voici un exemple de comportement ou attitude physique qu’il faut observer.

(1) Un enfant qui tombe ou qui se frappe sur le rebord d’une porte ou une commode trop souvent. Au début, c’est normal. Par contre, si ça perdure, il faudra vérifier si ses canaux semi-circulaires lui causent ce manque d’équilibre. Le mal de l’auto ou de mer (mouvement) est aussi un indice possible. Idem pour la perte des mitaines.

(2) Aussi, lorsqu’il apprend des nouveaux mots, il est normal qu’il les articule mal ou qu’il ait de la difficulté à bien prononcer certains sons. Encore là, la pratique atténue les difficultés. Si elles persistent, consultez! Je vous donne un exemple : On apprend à un jeune de dire MARINGOUIN. Si quelque temps plus tard, il tente de répéter le mot et dit RAMINGOUIN, observez!

(3) Il a peut-être du mal à bien analyser la séquence des sons qu’il prononce quand même bien. Les meilleurs observateurs restent les parents présents à chacune des étapes du développement de leur enfant.

RESPECTEZ VOS INTUITIONS! C’est l’hémisphère droit de votre cerveau qui vous parle. Puis, consultez et évaluez la situation en fonction des repères que l’on vous propose d’observer. C’est l’hémisphère gauche de votre cerveau qui vous parle!

Question 17 : Je voudrais savoir si, lorsqu'il y a un trouble de déficit d'attention, et surtout quand il y a 2-3 cas dans une classe de 30 élèves, il est possible pour les enseignants de pallier à ce problème? Dans la mesure où vous indiquez qu'il faut lentement donner des indices brefs, afin qu'ils assimilent l'information, il y a possibilité de perdre d'autres élèves plus doués.

Réponse : Je suis très consciente qu’un prof ne peut faire une intervention du type thérapeutique à l’intérieur de son temps de classe, alors qu’il a à composer avec une trentaine d’étudiants ayant chacun un besoin personnel.

Cependant, il convient d’organiser le groupe de sorte que l’entraide à l’intérieur d’une petite équipe devienne stimulante pour chacun des participants à la condition justement qu’ils soient tous PARTICIPANTS. Pas question qu’un élève doué porte les affres d’un élève en difficulté. Ce dernier se doit d’y apporter toute sa capacité. Surtout sa disponibilité à l’écoute, afin qu’il a à installer les repères d’écoute dans un temps et un espace qui lui permettront de structurer sa pensé, tout autant que son travail.

 

 

Question 18 (comportement) : J'enseigne au secteur jeune en adaptation scolaire et je fais face à des élèves ayant des comportements que je juge souvent très menaçants pour moi en tant qu'enseignant. Comment utiliser les informations relatives à l'écoute centrale pour me sentir en sécurité face à mes inquiétudes en présence des élèves de 15 à 18 ans?

Réponse : Je connais le milieu pour y avoir enseigné près de 10 ans. Je sais que certains comportements se manifestent pour un rien, et sans préavis. Vous êtes donc exposé à devenir la cible de ces gestes inacceptables. Y a-t-il un protocole d’intervention déjà installé à l’école où vous enseignez? Si oui, je vous suggère d’en faire part à vos étudiants et de leur faire vivre les étapes de ce protocole comme on le fait pour les exercices de feu dans toutes les écoles. Suite à cette information bien comprise de vos élèves, installez un protocole bien simple et précis avec exercice à l’appui en vous dotant d’une attitude ferme, tout en étant réceptif à leur senti, au vôtre et surtout, à votre manière d’être, qui devra dégager une grande confiance en vous, le protocole et eux. Pour les convaincre, soyez vigilant à ne jamais déroger de ce protocole. Leur sécurité en sera rehaussée et sa vôtre aussi, par le fait même. Il est très important de saisir combien ces réactions sont souvent déclenchées par une émotion qu’ils ne savent contrôler ( peur, inquiétude, sentiment d’incapacité). Il est alors important pour vous de gérer la crise en ayant recours aux repères que ces enfants ont besoin d’intégrer, afin sa mieux réagir et gérer ce moment trop souffrant.

Pour intégrer le reste des stratégies d’écoute que je préconise à l’intérieur d’un groupe, je vous retranscris la réponse à la question numéro 3 que j’ai déjà donnée, même si la question s’adressait au niveau secondaire. De plus, reste que ces élèves en adaptation scolaire ont encore plus besoin de se sentir contenus dans une structure solide à l’extérieur de la famille, même si celle-ci leur est valable. Voici deux textes qui complèteront ma réponse :

Le premier : Je crois essentiel de réintégrer à tout apprentissage l’apport de l’auditif. Cependant, l’objectif visé n’est pas de favoriser l’un ou l’autre, mais bien d’assurer la concomitance de l’un à l’autre. Autrement dit, il faut qu’au son perçu avec justesse s’y associe simultanément la graphie correspondante et vice-versa. C’est ainsi qu’on fait la guerre aux devinettes qui mènent toujours à l’échec…..S’en remettre aux étiquettes-mots comme vous le dites, stimule principalement l’apport visuel, car l’image à l’arrière du mot devient le repère utilisé au lieu de pratiquer l’engramme sonore qui permet de retourner à l’image visuelle. Voilà aussi pourquoi les élèves ont de plus en plus de difficulté à réussir une production écrite de leur niveau scolaire et même de leur niveau intellectuel. Ils cherchent à voir des mots écrits sur leur papier sans se donner le plaisir de s’entendre exprimer leurs idées. Cela déclenche un stress très important, car ils sont à la merci de l’opinion de leur enseignant(e) sans pouvoir s’auto évaluer. Donc, sans savoir comment se récupérer….Il est donc plus rassurant de se réfugier dans notre imaginaire (lune), afin d’y retrouver un semblant de calme.

Le deuxième : Reste à les adapter aux étudiants en notre présence, ce qui requiert de la part de l’enseignant une écoute du ressenti au groupe afin de leur assurer une présence réelle au lieu d’une attente de résultat précis. Il est très important de toujours garder en tête que les adolescents ont besoin de se mesurer afin de pouvoir se démarquer. Il leur est pénible de passer de l’enfance à la vie d’adulte. Chavirer par les hormones ils ont perdu tout leurs repères de vie. Pas étonnant qu’ils chahutent leur environnement le plus précieux : leur famille et leur milieu de vie secondaire, l’école où ils réussissent à se doter d’un autre noyau enveloppant : la gang. Reste à voir si la gang est valable ou destructrice. Leur accorder une oreille à leur écoute, les incite à en faire autant pour eux. Dans cette écoute, ils apprendront. C’est notre rôle premier d’éducateur.

Je suis convaincue que pour y arriver, il nous faut OUBLIER LA RÉPONSE! Je m’explique. Nous aussi sommes imbus de visuel. Voilà qu’il nous est facile de constater que notre réussite en tant qu’enseignant passe par les bonnes réponses (résultats) de nos élèves à l’examen. Oui, il nous faut évaluer nos élèves et comptabiliser leurs bonnes réponses. Mais, j’insiste pour que l’on se remémore que c’est l’étape finale. L’engramme des apprentissages se fait à la répétition de données ou concepts dans une structure définie supportant les stratégies.

Je vous détaille les étapes : 1. Assurer la réceptivité à l’écoute. 2. Période (temps) pour saisir le message auditif. 3. Transférer ce message dans une image ou suite d’images. 4. Stocker en mémoire (visuelle et auditive) le concept ou la donnée déjà saisie. 5. Utiliser ces concepts comme repères afin de réussir l’inférence essentielle aux prochaines étapes de l’apprentissage.

Le tout s’intègre par la pratique ou la répétition exacte de la structure élaborée. Voilà pourquoi les athlètes olympiques se qualifient aux jeux. Il leur reste à performer lors d’un très grand stress à leur évaluation, s’ils veulent gagner une médaille.

Question 19 : À la page 98 de votre ouvrage vous écrivez que « L’utilisation de plusieurs langues devant un enfant n’entrainera pas non plus de problèmes d’apprentissage. Il suffit de lui donner le temps…» Comment adaptez-vous votre technique sur des enfants immigrés pour lesquels le français est leur deuxième langue?

Réponse : À la naissance, le spectre auditif du nourrisson est très large. Il apprend ainsi à faire vibrer les sonorités pertinentes de la langue entendue et la placer dans la région propice de son corps. Il saura par la suite les récupérer pour reproduire ces sons, cette sonorité particulière de sa langue maternelle qu’il a déjà apprivoisée in utero par la vibration de la voix de sa mère. Si le bébé est en contact avec plus d’une langue, alors que son spectre auditif est encore très large, il placera chacune des sonorités de chacune des langues entendues et la déposera dans la région appropriée de son corps. Avec le temps et la répétition soutenue des ces vibrations particulières de chacune des langues entendues, il apprendra chacune de ces langues en respectant sa vibration juste et distincte et deviendra polyglotte sans accent….car il aura placé chaque son de la lange dans la bande sonore appropriée. Reste à lui donner le temps de tout placer ces sons dans la bonne bande sonore, tout en y attachant le sens respectif de chaque mot appris. C’est un investissement fort précieux que de profiter de ce spectre auditif très large, car si on ne l’utilise pas, la nature s’en débarrassera, car elle ne garde pas ce dont elle n’a pas besoin. Voilà pourquoi les personnes qui apprennent une nouvelle langue une fois adulte connaissent les mots et la grammaire, mais n’arrivent pas à les prononcer dans la vibration de la nouvelle langue étudiée. Elles l’articulent dans la bande sonore de la langue apprise en bas âge et on dit qu’elles ont un accent….

Je vous invite, pour tenter d’apprendre le français à des immigrants, de commencer non pas par les mots de vocabulaire à mémoriser, mais par leur faire entendre la vibration de chacun de sons du français comme le font les bébés dans leurs balbutiements.

Question 20: Est-ce- qu'il y a eu des contre-exemples pour valider vos propos. C'est à dire est-ce qu’on a fait des tests de l’écoute centrale pour les élèves qui réussissent leurs études et confirmer que les difficultés d’apprentissage viennent réellement du dysfonctionnement.

Réponse : Je n’ai jamais fait d’évaluation de toute une classe pour en faire la preuve, mais par contre, j’ai souvent eu à faire cette évaluation à la demande de parents préoccupés par les résultats scolaire récents de leur enfant. Quand le profil n’indique aucune dysfonction du traitement auditif, je les réfère alors en psychologie, pour permettre à l’élève de cerner ce qui le stresse dans sa vie et freine les stratégies d’écoute essentielles à sa réussite.

Question 21 : Est-ce-que le dysfonctionnement de l'école a un lien avec le comportement des élèves?

Réponse : Évidemment! Les jeunes enfants sont bombardés par les stimuli qui viennent de leur environnement. Rappelez-vous, LES ENFANTS SONT DANS LEURS CORPS. Ils ont des radars qu’on a laissé tomber lorsqu’il nous est devenu évident que notre logique, une fois installée dans notre cerveau frontal, pouvait remplir la fonction avec plus d’objectivité selon les situations à vivre.

Si le jeune doit se retrouver à chaque jour d’école dans un environnement qui lui est stressant, il s’en protégera. Il aura recours à plein de subterfuges pour tenter de s’épargner une souffrance qu’il ne peut gérer adéquatement.

Question 22 : En ce qui concerne l’analyse de l’écoute des enfants hyperactifs où une «courbe en zigzag» fut observée, vous avez conclu que, puisque l’oreille à un rôle crucial au niveau de l’équilibre, que «ces enfants bougent toujours parce qu’ils ont l’impression qu’ils vont tomber» (p.69). Je me demandais si vous aviez des évidences spécifiques pour appuyer cette hypothèse un peu surprenante, car le mécanisme de l’équilibre qui se retrouve dans l’oreille interne est distinct de celui de la perception auditive.

Réponse : L’oreille interne est constituée de 2 parties. La cochlée qui analyse la hauteur des sons entendus et les canaux semi-circulaires qui assurent notre équilibre dans l’espace. De plus, ceux-ci nous informent d’OÙ vient le son. Une fois l’analyse faite par l’oreille interne, celle-ci achemine son résultat au cerveau. Le cerveau, une fois informé, retournera au corps le mouvement ou comportement qu’il devra ajuster pour récupérer son équilibre. C’est le chemin de l’information de notre biologie comme je l’ai précisé en début de cette visioconférence. Ajoutez à cette réalité le stress de ce léger déséquilibre et voici votre étudiant déstabilisé. Pour lui, c’est apaisant d’évacuer par un mouvement ce sentiment d’inconfort. Pour nous qui observons seulement ce comportement, il est difficile de nous mettre dans sa peau. Il nous devient donc presqu’impossible d’évaluer sa vrai réalité. Comme nous sommes dans une recherche de réponse intelligente, nous n’avons pas les mêmes prémices que l’enfant qui se sent inconfortable dans une position trop statique pour lui. Nous voilà déstabilisés à notre tour…Comment remédier à cette situation qui effrite nos énergies? Chacun doit en faire l’écoute, afin de trouver l’option acceptable pour tous.

Voilà que l’observation de leur profil nous permet une confirmation de leur difficulté à rester sans bouger pendant de longues minutes, alors que la leçon n’est toujours pas complétée. Pour en revenir à votre question, la fonction des canaux circulaires est bel et bien distincte de la fonction de la cochlée, mais le résultat global influence toujours le système de l’écoute qui lui, se préoccupe toujours, en premier lieu, de se protéger d’une souffrance ressentie ou éventuelle…

Question 23 : J'aimerais avoir plus de détails concernant la prise des données lors de la passation des tests de l'écoute centrale et les grilles d'écoute aérienne leur étant associées. Je comprends que ces dernières mettent en évidence les différences de perception entre l'oreille gauche et l'oreille droite, mais j'aimerais bien savoir concrètement comment on peut arriver aux courbes illustrées pour chacun des problèmes liés au dysfonctionnement de l'écoute centrale ; autrement dit, j'aimerais avoir plus de détails concernant le procédé utilisé pour arriver à ces résultats.

Réponse : Évaluer une écoute centrale ou, autrement dit, l’analyse du traitement auditif se fait à l’aide d’un audiogramme tel que les audiologistes utilisent en cabine insonorisée. On procède de la même façon.

Comment j’arrive à ces profils? En superposant les résultats recueillis de chacune des oreilles sur le même graphique. En milieu médical, on inscrit les résultats de chacune des oreilles sur un graphique différent puis, on procède à l’analyse plus en profondeur de la qualité et du tonus des tissus. Nos conclusions sont toujours les mêmes. J’utilise les profils présentés dans mon livre car ils nous facilitent la lecture de la réelle difficulté à l’analyse des sons entendus et nous permet alors de mieux cibler nos interventions pour stimuler cette oreille à se récupérer.

 

Question 24 : Puis-je penser que ma fille de 11 ans a une stratégie d'écoute diversifiée du fait qu'elle parle 4 langues? (Français/anglais/arabe/espagnol)

 

 

RÉPONSE : Tout à fait! Elle a ainsi conservé 4 bandes sonores ouvertes aux vibrations de 4 langues et cultures. Elle a donc 4 façons de percevoir et surtout de résonner avec différentes réalités acoustiques lui permettant de capter différents messages avec ouverture et justesse. Il est vrai que l’intégration de ces 4 langues prendra plus de temps, mais les avantages en seront multiples.

 

 

Mise en situation : Un de mes élèves éprouve quelques difficultés motrices qui l'empêchent, notamment, de s'exprimer clairement par la parole: l'énonciation des mots est ardue et compliquée d'un léger bégaiement (il m'arrive de ne comprendre qu'un seul mot sur quatre ou cinq).

 

Question 25 : Est-ce une erreur de ma part de compléter parfois ses phrases à sa place (en déduisant ce qu'il veut communiquer) afin d’accélérer la cadence de nos échanges ?

 

 

RÉPONSE : Tout dépend du ressenti d’Olivier lors de vos déductions. S’il est soulagé parce qu’il n’a plus à poursuivre ces grands efforts, louables mais fatigants, pour exprimer son idée, c’est parfait de compléter les phrases pour lui. Par contre s’il est frustré parce qu’il se sent inadéquat ou non respecté, alors là, je vous propose d’avoir une conversation claire et simple, à savoir ce qu’il aimerait comme intervention afin de lui permettre de diminuer le stress qui inévitablement augmente son bégaiement.

Malheureusement, on ne connaît pas réellement les causes du bégaiement. On a compilé certaines similitudes telles que a) le bégaiement s’installe subitement chez un enfant vers l’âge de 4 ans, 2) souvent, un traumatisme psychologique le déclenche, mais que surtout, 3) qu’un écho s’installe au niveau de l’oreille interne, ce qui fait répéter le même son sans pouvoir le contrôler. Certaines cliniques se sont dotées de techniques pour pallier au bégaiement, mais la disparition du problème n’est pas vraiment possible pour l’instant.

Mise en situation : J'ai souvent rencontré des élèves ayant des cotes de dyslexie. À la commission scolaire où je travaille, nous avons un fonctionnement particulier pour ces élèveset qui consiste à rédiger pour eux un plan d'intervention. Ce dernier leur octroie généralement une heure de plus pour faire leurs évaluations en lecture et en écriture. Faute de budget dans mon école, nous n'avons ni orthophoniste, ni personnel en soutien pédagogique individuel pour les aider. Cette heure supplémentaire représente donc pour eux la seule différenciation. Toutefois, à la lumière de ce que j'ai lu dans votre livre «Mieux écouter pour se réaliser», je me questionne à savoir si c'est vraiment là une façon de les aider à mieux réussir. En d'autres mots;

Question 26 : Accorder plus de temps aux élèves dyslexiques lors de leurs évaluations peut-il vraiment faire une différence?

RÉPONSE : NON! La plus grande difficulté pour les dyslexiques est de trouver les repères utiles à une démarche de réussite. Il convient donc de toujours utiliser plus de temps à ce qu’ils développent des stratégies basées sur des repères profitables à l’élaboration de cette démarche de réussite. Il nous faut donc utiliser cet ajout de temps à l’intégration des repères, non au moment de l’évaluation, mais au moment des apprentissages. Par exemple, toujours poser les mêmes questions avec les mêmes mots. Ça pourrait ressembler à *Je cherche? *Je connais? *Je commence par?.....de sorte que ces repères leur donnent une structure qui n’a plus à être réorganisée à chaque étape de l’évaluation. Voilà à mon sens pourquoi ils ont peine à compléter une évaluation dans le temps recommandé. Évidemment, ce privilège ne doit jamais leur être retiré, car même s’il ne contribue en rien à leur succès s’ils n’ont pas les repères pour structurer leurs réponses, ils ont au moins la conviction de diminuer le stress de l’échec relié à leur emploi du temps, ce qui leur aide à garder leur concentration sur le travail à faire.

 

Question 27: Que pensez-vous des groupes homogènes que nous retrouvons maintenant dans nos écoles? Êtes-vous pour ou contre ce genre de regroupement que les directions d’école font. À mon école, il y a le groupe études-sport, le groupe enrichi et le groupe projet-réussite.

RÉPONSE : Tout élève a besoin de s’investir dans sa réussite! Si un regroupement correspondant mieux à ses élans de vie, ses talents, ses intérêts, le stimule à se dépasser pour atteindre ses objectifs de réussite au programme académique établi par le ministère de l’éducation, le voilà sur une lancée de réussite. BRAVO!

De plus, je crois sincèrement que chaque élève a son propre ADN….il ne peut s’y soustraire. Respectons-le! Je cite mon fils en exemple. Au premier semestre de son secondaire 3, il s’éprend de l’activité théâtre proposée à son école. Comme tout ado, il cherche à se démarquer. Il s’investi tellement dans son activité qu’il se retrouve avec un échec en français au premier bulletin, en se justifiant qu’il n’a pas à faire tous les devoirs de français, puisqu’il fait du théâtre EN FRANÇAIS! OOPPSSSS!

Je lui ai remis son bulletin après une conversation franche et simple en lui disant : Cet établissement a comme objectif la réussite scolaire. Si tu ne réussi pas aux examens, tu seras expulsé de l’école et fini le théâtre…À toi de choisir!

Il a trouvé comment faire pour tout faire, s’y est investi et non seulement il a retrouvé le succès scolaire, mais il a aussi trouvé chaussure à son pied en s’engagent adéquatement à devenir aussi un acteur fort apprécié de son prof de théâtre! Ovation debout à la fin de la représentation du spectacle de fin d’année! Il a trouvé comment se démarquer non pas en démolissant, mais en bâtissant!

N’est-ce pas notre mandat du professionnel de l’éducation?

 

Question 27: Est-il possible de déceler la dyslexie ou tout trouble du langage chez de jeunes allophones? Comme cette année je m'occupe de francisation au sein de mon établissement scolaire, il me serait profitable de reconnaître ces différentes difficultés chez un jeune immigrant qui apprend une nouvelle langue.

 

RÉPONSE : Étant donné que les dyslexiques ont une grande difficulté à se donner des repères profitable pour structurer ce qu’ ils ont à faire, ce problème est aussi présent dans leur langue maternelle. Par contre, si vous ne pouvez converser dans sa langue, vous ne pouvez pas retrouver sa difficulté à son expression spontanée. Ce que je crois possible, c’est qu’il n’arrive pas à placer la vibration propre à la langue seconde à l’intérieur de la bande sonore de sa langue maternelle. Si vous enseigné à des élèves du secondaire, leur réaction est de s’opposer à ce que vous les sortiez de leur zone de confort, soit la bande sonore de leur langue maternelle. Il faut alors jouer à créer plein de jeux sonores pour les amener à trouver plaisir à développer une autre façon d’émettre les sons particuliers à la langue que vous cherchez à leur apprendre. Je vous propose alors de sortir du visuel. Sortez des manuels et créez des jeux de conversations sonores, sans nécessairement pour les amener à réaliser qu’ils ont la possibilité d’être en conversation, sans connaître tous les mots ou les règles de cette nouvelle langue. L’inquiétude de l’échec ferme les oreilles….Ouvrez leur écoute par le plaisir de découvrir! Amusez-vous avec eux!

 

 

Mise en situation : En tant qu'enseignant, je considère que j'en sais assez peu sur les élèves, en ce qui a trait aux causes de leurs difficultés d'apprentissage. Considérant que ces élèves aux besoins particuliers (utilisation d'un ordinateur lors des évaluations, temps supplémentaire pour les examens...) sont de plus en plus nombreux dans nos classes puisqu'ils ont été diagnostiqués (parfois tardivement, j'ai un élève de secondaire 5 qui avait d'importantes difficultés d'apprentissages qui vient seulement d'être diagnostiqué dyslexique).

 

Question 28 : Les enseignants devraient-ils être formés davantage en ce sens?
N'est-ce pas selon vous la réalité qui attend les enseignants de demain?

RÉPONSE : Cette réalité a toujours fait partie du vécu des enseignants. Nous devons toujours être nous mêmes à l’écoute de ce qui cause l’étudiant à se retrouver en difficulté, en nous servant des résultats comme indice, mais non comme une preuve pour conclure à sa problématique car alors, on tombe dans la moralité, le jugement et surtout l’on conclut par une sentence quasiment indélébile!

 

Ce qui semble augmenter considérablement le nombre d’étudiant en difficulté vient du fait que tout est présenté visuellement et que l’on accorde de moins en moins de place à l’écoute dans l’apprentissage. C’est vrai que l’on parle et que l’on utilise les sons pour se faire comprendre, mais combien d’approches sont présentées par l’image seulement? De plus, notre société se préoccupe trop de la représentation visuelle i.e., l’apparence, les écrans de toutes sortes, la réponse que l’on peut évaluer visuellement sans trop se soucier du message ou du vécu contenu dans l’émotion transmise par le timbre de notre voix…la mélodie de notre verbal et même la fluidité de nos mouvements, ne serait-ce que celui dans notre calligraphie.

 

Fournir à l’étudiant en difficultés d’apprentissage des outils électroniques, ou plus de temps, ne supplée aucunement à sa problématique s’il n’a pas la moindre structure pour en bénéficier. Moi-même, de l’époque où la machine à écrire était le seul outil qui facilitait la lecture de nos travaux aux professeurs tenus de les évaluer, ne nous aidait en rien, si notre méthode d’utilisation du clavier n’était pas au point. Alors, même si l’on a perfectionné l’outil, comment peut-il nous faciliter la vie si on ne peut s’en servir adéquatement? À mon avis, on se leurre, on se justifie de les aider, en leur accordant ces privilèges, mais, je crois surtout que l’on contribue à l’augmentation du découragement de ces étudiants. C’est à mon avis l’explication la plus pertinente au décrochage scolaire en hausse fulgurante.

 

 

Question 29 : Dans votre introduction, vous faites référence aux différentes théories psychiatriques ou psychologiques déjà établies dans le milieu médical. Je me demandais donc comment le milieu médical (psychiatres ou psychologues) a réagi à vos expérimentations lorsque vous avez débuté? Avec méfiance ou curiosité? Est-ce que vous sentiez une ouverture du milieu face à vos théories? Et le milieu scolaire, quant à lui, s'est-il montré sceptique?

RÉPONSE : Tenter de changer un paradigme dans n’importe quel domaine provoque toujours de la méfiance, de la controverse et surtout du mépris. Affirmer que la terre est ronde, que le subconscient nous influence, qu’il est possible de créer un engin qui vole, ou que la spiritualité existe, amène son messager à vivre la souffrance d’être incompris, l’ostracisassions, la discrimination, la prison, et même la mort. Heureusement je n’ai pas eu à subir toutes les affres déclenchées par l’inquiétude et le dérangement de ces nouvelles découvertes, mais je n’ai pas été épargnée pour autant. J’avoue que, par moment, il m’est pénible de rester seule au front, car depuis plus de 26 ans maintenant que je tente d’en faire valoir le propos et peu de gens ont le courage de me supporter dans ma démarche, sauf certains intervenants intéressés à la partager pour vous en faire profiter.

Je garde espoir et continue ma démarche, tout en espérant qu’une oreille bienveillante s’ouvre à ma proposition dans l’évolution de la pédagogie.

 

Question 30 : Je crois comprendre que vous traitez majoritairement des enfants ou des adolescents. Comme j'enseigne à l'éducation des adultes, je me demandais si des adultes frappaient parfois à votre porte. Si oui, est-il plus difficile pour eux d'être traités puisqu'ils vivent avec leur difficulté depuis très longtemps?

RÉPONSE : La difficulté est la même pour les jeunes et les moins jeunes. S’ils ne sont pas prêts à changer leur façon de faire, ils résisteront et le processus de la rééducation auditive n’en sera que plus long et plus exigeant pour tous. Voilà pourquoi il est impératif de démontrer soi-même que comment être à l’écoute ouvre sur des débouchés insoupçonnés.

Question 31: En mettant l'accent sur les engrammes et la mémoire cellulaire pour tenter d'identifier les causes des TAC (trouble de l’audition centrale), n'avez-vous pas songé à l'impact que cela pouvait avoir sur la réception qu'a réservée la communauté scientifique à votre ouvrage?

En quoi, par rapport aux traitements suggérés de la problématique,, l'établissement de causes qui réfèrent aux engrammes et à la mémoire cellulaire est-il pertinent? Est-ce que votre croyance en la véracité de ces phénomènes a changé votre manière de traiter les symptômes des TAC? Si oui, comment?

RÉPONSE : Si j’ai bien compris, vous voulez savoir si ma compréhension de l’impact d’une dysfonction à l’analyse du son pourtant bien entendu, a changé ma façon d’enseigner? TOTALEMENT!

À l’analyse du profil de l’écoute de l’étudiant, il est facile de déceler où se situe la fermeture et comment il faut stimuler l’oreille interne afin qu’elle récupère sa capacité maximale. Si la fermeture est manifeste aux fréquences aiguës, il faudra commencer par cerner le traumatisme qui a déclenché cette mémoire cellulaire souffrante et ainsi priver l’étudiant de la justesse de l’information reçue de son environnement.

Vous avez raison de dire que la communauté scientifique, qui se base sur les observations visuelles comptabilisées suite à un questionnaire, se sent désorganisée en lisant mon propos, car elle ne peut utiliser seulement que les conclusions tirées suite à ces résultats. Heureusement, les recherches démontrent de plus en plus qu’il nous faut reconsidérer nos façons d’apporter au cerveau les informations qui lui sont transmises, non seulement par les yeux, mais aussi par les autres sens que notre biologie a perfectionnés pour maximiser la compréhension de notre vécu.

Si vous lisez l’anglais, Mme Lafleur vous fera parvenir, par le biais de l’informatique, les lectures que je vous propose et qui viennent étoffer le besoin de mieux comprendre comment on apprend. Le site le plus détaillé s’intitule : The new science of Learning. Même cette semaine, à l’émission du Dr Oz, un éminent psychiatre américain, le Dr Hallowell, détaillait les dangers à médicamenter un étudiant pour qui le médicament s’avère inutile de par une analyse beaucoup plus exhaustive de sa problématique. Il était sans compromis à dénoncer les médecins qui prescrivent cette médication à la demande d’un enseignant pour calmer l’élève, prétextant que celui-ci réussirait mieux. Il parle lui-même, dans son livre que je vous citerai en référence, des bénéfices de la méthode d’écoute du Dr Tomatis. Cherchons des avenues profitables à l’étudiant, car il doit s’investir dans sa réussite quelle qu’elle soit!

 

Mise en situation : Je travaille dans une école privée où, traditionnellement, il y avait peu d'élèves de ce genre. Par contre, de plus en plus, nous acceptons des élèves ayant des troubles d'apprentissages sévères ou des besoins spécifiques nécessitant l'aide de spécialistes, mais en ce qui concerne les enseignants de l'école, nous ne sommes pas nécessairement formés pour les accueillir adéquatement et savoir comment réagir en cas de problèmes.

 

Question 32: Que proposez-vous comme moyens pour aider les enseignants comme moi à bien gérer l'insertion de plus en plus fréquente d'élèves à besoins particuliers dans les écoles régulières privées?

 

RÉPONSE : Premièrement, oubliez la réponse! Cherchez plutôt à donner aux étudiants les repères, les notions et les démarches qui les amèneront à découvrir la réponse. Ce faisant, assurez-vous qu’ils aient si bien saisi le message derrière toutes ses données, qu’ils pourront vous tenir ainsi qu’à lui-même un discours clair et détaillé sur le pourquoi de la démarche qu’ils ont choisie pour en arriver à une réponse valable.

 

Deuxièmement, assurez-vous qu’ils aient pris le temps avant de répondre à créer l’image qu’ils veulent vous transmettre dans leurs explications. Ne vous contentez pas d’un dessin ou d’un exemple car, cette façon de faire réfère au visuel sans considérer l’apport essentiel du message auditif relié à l’image invoquée.

Vous avez lu que les yeux et les oreilles se doivent de travailler en équipe pour acheminer leurs perceptions respectives de façon concomitante. Imaginez vos deux pieds activer successivement le pédalier du vélo. Voilà ce qui confère à notre cycliste un mouvement continu et surtout en équilibre, lui assurant ainsi de se rendre à destination sans embûche.

Mise en situation : Dans la classe, nous sommes confrontés à plusieurs élèves en difficulté. Par exemple, un de mes élèves hyperactifs prend un médicament qui se nomme le «Ritalin». Toutefois, s’il ne prend pas son médicament, cet élève se déplace dans la classe sans permission, il bouge ses bras et ses jambes tout en travaillant, il joue avec des objets qui sont sans rapport avec la tâche, il parle quand ce n’est pas son tour de le faire. Également, ses parents le décrivent comme « agissant sous l’impulsion d’un moteur», «incapable de rester tranquilles» et « parlant de façon excessive».

Question 33 : Alors, en tant qu’enseignante qui est responsable de plusieurs élèves dans une classe, comment pourrais-je intervenir auprès de lui sans son médicament? Autrement dit, comment dois-je adapter l'enseignement pour que cet élève écoute les consignes demandées en classe?

RÉPONSE : Voilà la question de siècle! Il faut établir pour ces enfants un diagnostique seulement après une série d’examens, afin de préciser la cause de son hyperactivité. Il y a des enfants qui ont réellement besoin d’être médicamenté. Par contre, c’est la minorité. Il faut donc alors prendre le temps d’évaluer en psycho neurologie, résonnance magnétique, débalancement hormonal, chimique etc… Je sais, c’est pratiquement impossible de par la réalité de notre système de santé. On coupe au plus court et on se contente d’un questionnaire sur les symptômes observables que l’on peut compiler pour en déduire un chiffre dépassant la norme établie pour conclure à la nécessité de passer chez le médecin pour une prescription de « RITALIN » ou autre médicaments du même genre.

Je n’ai aucune intention de dénigrer le médicament, quoique, à mon sens, il comporte tellement d’effets secondaires qu’il faut être très vigilant auprès des enfants qui le prennent. Ce que je déplore, c’est le fait qu’on justifie et insiste pour qu’un élève dérangeant en prenne, pour nous faciliter la tâche ou pour s’assurer qu’ainsi l’on puisse couvrir le programme prévu pour l’étape en cours. J’ai reçu plus d’une fois des parents au désarroi, car le titulaire de leur enfant, appuyé de sa direction d’école, retournait l’enfant à la maison car il n’avait pas pris son médicament!!!

J’informe alors les parents qu’ils sont les derniers responsables de leur enfant devant la loi sauf, s’ils ont été déclarés inaptes ou négligents. Par contre, ils n’osent pas trop s’interposer car leur crainte alors est que leur enfant soit pointé du doigt et que la guerre continue. Cette souffrance est criante pour toute personne vivant avec cette problématique. Elle est devenue sociale. Il nous faut faire équipe et changer notre façon de répondre à ce fléau, car l’avenir ne s’annonce pas plus rigolo. Je reste convaincue qu’une rééducation auditive devient une intervention permettant à cet enfant, ou jeune adulte, de récupérer sa capacité d’analyse de l’information sonore pour mieux gérer l’information venant de son environnement.

C’est une explication rudimentaire que je vous donne ici, pour mieux comprendre la vision de plusieurs spécialistes qui se penchent sérieusement sur la question, je vous propose plusieurs lectures en annexe que Mme Lafleur vous acheminera après ces visioconférences, mais pour ce qui est de la question à savoir si la médication devrait être envisagée, je vous propose de lire le livre des Dr Edward M. Hallowell et John J. Ratey tous deux psychiatres reconnus pour le travail d’équipe qu’ils prônent afin de répondre efficacement à l’hyperactivité.

Question 34 : Dans l'une de mes classes, si ce n'est pas un jeune qui agit comme cela, s'en est un autre. Donc, concrètement, quel serait un bon point de départ face à un tel groupe dans l'optique de changer un peu le vent de bord?

RÉPONSE : Bonne Question! Ici, le premier ingrédient est votre propre écoute.

Que recevez-vous de ce groupe perturbant? De là, vous pourrez évaluer si vos élèves se stimulent les uns les autres pour se démarquer et se prouver au dessus de vos exigences ou, si vraiment vous avez à gérer votre classe en fonction de plusieurs difficultés d’apprentissage.

Dans le premier cas, vous clarifiez et informez vos élèves de la façon dont vous allez installer vos balises, vos exigences et comment vous allez intervenir au besoin. Soyez ferme tout en les respectant au moment d’appliquer votre discipline sans autres négociations, sauf pour cas extrême.

Dans le deuxième cas, faisant appel à votre créativité, évaluez où en sont vos élèves, puis appliquez vos enseignements sur l’écoute des messages (signification de la consigne) sur l’écoute de ses idées pour ensuite insister sur la démarche à suivre de façon rigoureuse. Une petite mise en garde, ne croyez pas que ces étudiants peuvent se structurer d’eux-mêmes. Justement, si leur écoute est en difficulté, à quoi peuvent-ils s’accrocher? Ils n’ont pas de repères valables! Rassurez-vous, si vous vous manifestez avec respect, vous ne les brimerez pas en insistant sur la démarche que vous avez installée. J’insiste moi-même sur ma démarche de réussite. La voici :

DÉMARCHE DE RÉUSSITE

1. Je me mets au calme

2. J’écoute les consignes

3. J’écoute mes idées

4. J’exécute (je fais) chacune des étapes.

N’ayez pas de remords à être le capitaine à bord!

Mise en situation : Dans votre livre vous dites que dans le cas d'un déficit d'attention : vous considérez ce trouble comme une maladie de l'écoute où les deux oreilles entendent le son en même temps, ceci crée une confusion dans la réception, tout en ralentissant le message reçu.

Le déficit d'attention (TDA) avec ou sans hyperactivité; d'après les différentes formations que j'ai eues à ce sujet dans mon travail; n'est pas une maladie........C'est un trouble neurologique et qu'il résulte d'une insuffisance de substances chimiques cérébrales spécifiques (neurotransmetteurs) qui aident le cerveau à organiser et à régir la pensée et le comportement.

Question 35 : Est ce que pour vous, le fait de rééduquer l'écoute (50 heures) peut faire disparaître le trouble du déficit d'attention chez l'enfant?

RÉPONSE : Le terme maladie de l’écoute fait appel à une réalité où le normal est perturbé par opposition à la mélodie de l’écoute où le synchronisme amène une harmonie profitable.

Pour ce qui est du diagnostique du Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, il nous faut être très vigilant à en déceler la cause. En effet, il peut être causé par un trouble neurologique, mais aussi par un débalancement chimique, une dysfonction auditive, un traumatisme psychologique. Il est impératif d’en trouver la cause. Par contre, même pour un trouble neurologique telle une dysphasie conséquente à un AVC, il reste important de stimuler au maximum tous les circuits neurologiques pour tenter de récupérer un tant soi peu le mieux être du patient. Sur la liste de référence suggérée, lisez sur les découvertes sur la plasticité du cerveau. L’avenir de cette découverte est très prometteur.

 

Mise en situation : De tout temps, on nous a rabâché dans les oreilles que la motivation était essentielle au succès. Des phrases célèbres comme:

 « Il ne s'agit pas seulement d'être bon pour réussir, mais encore faut-il être motivé et persistant. »

 « Quand on veut, on peut. »

 « Le génie représente un pour cent d'inspiration et quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration. »

 Les chercheurs, de même que les intervenants qui s'intéressent à la sous- performance, sont conscients du rôle fondamental que joue la motivation comme déterminant de la performance et c'est à l'absence de cette dernière qu'est le plus souvent imputée une piètre performance des enfants doués sous performants (Clark, 1979; Janos et Robinson, 1985).

Vous soutenez dans votre livre que, contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas la motivation qui engendre le succès mais plutôt le contraire.

Question 36 : J’aimerais que vous développiez un peu plus sur ce point, car je constate que les problèmes de votre enfant et votre désir d’y apporter une solution vous ont motivé à écrire votre excellent livre à succès.

Votre théorie s’applique-t-elle à tous les enfants, sans exception, ou bien aux enfants qui ont des problèmes particuliers (psychomoteurs, etc.)?

 

Mise en situation : Votre théorie de la proximité de l’enfant avec les parents (la maman en particulier) et de la capacité (intuition comprise) de cette dernière de déceler et comprendre les difficultés de son enfant me font voir le rôle capital des parents dans son développement. En aidant l'enfant à corriger son problème et en créant ainsi une motivation chez ce dernier du fait qu'il réussisse mieux, cela crée forcément une réaction en chaîne.

Sous-Question : Comment voyez-vous alors le rôle des enseignants versus celui des parents en ce qui a trait à la motivation intrinsèque des enfants en général, ou avec difficultés ?

RÉPONSE : Je tiens souvent le discours qu’un enfant non motivé à la vie en meurt!

Voilà simplement ce que je veux dire. L’instinct de survie animal nous permet d’évaluer une situation urgente en nous précipitant aussitôt dans une action favorisant notre survie et ce, sans un instant de réflexion! Voilà! Notre biologie nous transmet l’influx nerveux nécessaire pour rester en vie. Si au lieu d’avoir à protéger la vie en faisant échec à ce qui peut provoquer la mort, nous voulons nous protéger d’une souffrance comme par exemple celle de l’échec, alors, nous allons utiliser toute notre énergie, tout notre savoir à instaurer un comportement, ou certaines actions, pour réussir notre projet de protection Voilà notre priorité! Voilà où j’investis ma motivation! À ce moment, l’apprentissage passe au second rang. Rien ne me fera changer d’option, tant et aussi longtemps que je serai à l’affût de cette souffrance de l’échec.

L’enfant qui fait des crises monumentales parce qu’il refuse de faire ses devoirs a toujours une bonne raison émotive….Il a peur de rater, ou qu’on le réprimande, ou qu’on lui dise qu’il est…(vocable négatif), ou que sa maman ne s’en occupera pas s’il fait seul ses devoirs… et quoi encore? Il est motivé à se PROTÉGER D’UNE SOUFFRANCE! Pour lui, il a réussi. Pour nous qui le savons intelligent, nous avons une toute autre priorité, faire en sorte que nos élèves réussissent pour toutes sortes de raisons aussi. Nous embarquons alors dans la guerre des mécanismes de défense. C’est l’opposition!

Nous avons raison de dire que si l’enfant n’est pas motivé, il ne réussira pas. Par contre, je précise en disant : « Si l’élève est motivé à survivre (protection devant une souffrance), il ne peut être motivé à la vie (réussite d’apprentissage essentiel à sa réussite, à son évolution). » Voilà pourquoi il me semble prioritaire d’être à l’écoute de ce qui lance nos étudiants dans une action plutôt que dans une autre.

Je crois très important pour le parent, tout autant que pour l’enseignant, de bien saisir cette réalité de l’étudiant. Nous sommes alors à favoriser une communication de qualité. Elle favorisera alors une solution acceptable pour tous. C’est la coopération essentielle à nos réussites!

 

Mise en situation : Je dois m'arrêter sur les élèves dits "hyperactifs" et médicamentés. Heureusement, beaucoup de parents travaillent en collaboration avec les enseignants.

Question 37: Comment nous, enseignants de tous les jours, pouvons contribuer à améliorer le système scolaire (en commençant par de petits pas!) afin de contrer les préjugés face aux élèves en difficulté/hyperactifs? Nous pouvons les déceler, mais ... comment bien collaborer avec les spécialistes de l'école?

RÉPONSE : Vous m’encouragez! Merci! Votre question contient la réponse. Il faut faire équipe! Chacun apporte de son expertise, de sa créativité, de ses objectifs pour JUMELLER NOS EFFORTS À LA RÉUSSITE DE NOS ENFANTS. Maximiser l’accès aux connaissances, aux structures, aux outils dans l’écoute et le partage dans la compassion! Voilà ma motivation!

 

Mise en situation : J’enseigne en classe régulière, je côtoie des élèves ayant un déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Suite à la lecture du livre, j’ai constaté que vous aviez séparé ces deux difficultés d’apprentissage en ce sens qu’il y avait des différences dans leur courbe respective. En fait, la courbe du profil pour un enfant avec un déficit de l’attention est une superposition de la perception des sons aux mêmes décibels par les deux oreilles où l’oreille droite n’est plus l’oreille directrice, d’où une confusion dans la réception de l’information. De l’autre côté, la courbe du profil pour un enfant avec hyperactivité se caractérise par une perception des sons en alternance.

Question 38 : Quelle est la description de la courbe d’un enfant ayant à la fois un déficit de l’attention ET l’hyperactivité?

RÉPONSE : Une courbe mixte, C'est-à-dire que 2 ou 3 fréquences avoisinantes démontrent un déficit de l’attention et 2 ou 3 fréquences plus loin, on retrouve celle du dyslexique. C’est presque impossible de vous en faire une description invariable car chaque courbe représente le profil de l’individu évalué selon ses propres façons de tenter que s’y adapter. Voilà pourquoi la lecture de ces profils fait partie du cursus de la deuxième année de la formation. Il nous faut établir toutes les balises nous servant à la lecture du profil personnel de chaque étudiant.

Question 39 : Quelles sont les stratégies d’écoute à mettre en place au sein d’une classe pour un enfant ayant un déficit de l’attention? L’hyperactivité?

Mise en situation : On stimule davantage le perception visuelle qu’auditive chez les enfants. Ils sont à la recherche d’une satisfaction immédiate et ils ne développent pas leur écoute pour créer une image par eux-mêmes avec les écrans.

Ceci m’a amené un questionnement quant à l’utilisation du tableau blanc intelligent (TBI). Bien qu’il touche plusieurs sens, il faut avouer qu’il y a beaucoup de stimulations visuelles.

RÉPONSE : Je crois sincèrement qu’un moyen visuel quelconque non accompagné d’une écoute appropriée et juste des messages véhiculés par cette image donne à l’élève un espoir de réussite. Si sa difficulté à l’apprentissage réside dans une dysfonction de son analyse du traitement auditif, de tenter de détourner la cause du problème dans l’espoir de sauver du temps, de l’argent ou de tenir à ce que l’on connaît sans sortir des sentiers battus ne changera en rien la problématique initiale. Soyons courageux! Admettons simplement que tout ce qui est tenté jusqu’ici n’a rien guéri.

Reconnaissons aussi qu’il se trouve dans presque tous nos établissements scolaires un mal de vivre qui s’accentue à mesure que l’on délaisse les moments de calme, de réflexion, de compassion et de respect de l’autre, pour faire place à des bébelles attrayantes, excitantes, ou des comportements inadéquats glorifiés au petit écran et qui ne remplaceront jamais la satisfaction profonde du travail bien fait. Remarquez que je ne parle pas des gagnants seulement, mais bien de tout cheminement permettant de nous réaliser pleinement. Pour certains, c’est la médaille d’or, pour d’autres, ce sera de participer à son maximum. Applaudissons tous ceux qui se dépassent, se partagent et qui font une différence pour leur communauté! Nous aurons moins le goût de critiquer, juger, sentencier ceux et celles qui ne répondent pas à nos critères préétablis car, à mon sens, toute accusation suscite chez l’accusé un besoin urgent de se défendre et d’utiliser son intelligence à se protéger, plutôt qu’à se manifester sainement.

 

Question 40 : Ici, je ne parle pas de la rééducation, mais bien d’exemples concrets à mettre en pratique. Par exemple, il est indiqué dans votre livre qu’il ne faut pas faire repérer dans le texte le mot que l'enfant a lu dans la question mais l'amener à se préoccuper de l’écoute de ce mot. Comment faire?

RÉPONSE : Toujours vous assurer qu’il peut verbalement donner le message qu’il a saisi des mots utilisés dans la consigne. Ne vous contentez pas d’un exemple ou d’un dessin, car l’élève fait alors appel à sa mémoire visuelle et n’a toujours pas intégré le message associé à l’image qu’il vous décrit.

Mise en situation : J’ai un élève, atteint d’une dysphasie légère à modérée, maintenant en troisième année et il a repris sa première année. Je remarque chez lui de grandes difficultés de décodage lors de la lecture notamment lorsqu'il rencontre des syllabes à doubles consonnes (tr, fr, bl, etc.) et des syllabes inverses (as, or, etc.) Bien sûr, cette difficulté se répercute également à l'écrit (orthographe lexicale) Je travaille la segmentation phonémique, qui passe nécessairement par l'auditif. Toutefois, je n'ai pas l'impression que c'est profitable comme ça l'est pour d'autres enfants. En lisant votre ouvrage, j'ai compris que l'oreille gauche de l'enfant dysphasique ne venait pas confirmer le son entendu par l'oreille droite. J'ai aussi pris connaissance de la technique de l'écriture en zigzag, mais j'ai l'impression de me retrouver encore devant la même difficulté, soit reconnaître les phonèmes séparément.

Question 41 : Quels moyens concrets puis-je mettre en place pour maximiser mes interventions auprès de cet enfant, afin de développer sa capacité d'écoute et par le fait même, ses habilités en lecture et en écriture?

RÉPONSE 1: D’abord, comprenez bien qu’il faut maîtriser le code (son associé à chaque graphie) avant de procéder efficacement au décodage! Le moyen le plus efficace que je connaisse est celui de la résonance de la voix car, en résonance, l’oreille interne reçoit la stimulation nécessaire à sa récupération du son correspondant à la graphie. Passer par les gestes facilite l’intégration du rythme, mais non l’intégration du son juste. Je comprends très bien votre déception, car il vous faut maîtriser vous-même cette technique avant de l’utiliser. Voilà le propos de la première année de ma formation à la rééducation auditive.

J'aurais aussi une deuxième question: Bien que cette méthode de rééducation ait été approuvée par le MELS, elle ne m'a jamais été présentée. Est-elle présente au sein de nos écoles québécoises? Si oui, quelle est la fonction des intervenants qui l'utilisent?

RÉPONSE 2: Malheureusement, je n’ai pas réussi à ce jour, malgré mes nombreuses tentatives de faire en sorte que cette approche peu coûteuse et facile, à intégrer au programme de la maternelle et du premier cycle du primaire soit rendue dans toutes les écoles. Je garde espoir que parents et enseignant(e)s la réclament auprès des décideurs. D’autant plus que je suis convaincue qu’on réduirait rapidement la vague inquiétante du décrochage scolaire en réduisant même les coûts de son implantation. Je vous invite à déposer votre requête en hauts lieux!

 

Mise en situation : J'ai un élève de 1ère année qui ne connaît pas encore le son des lettres de l'alphabet. Cet enfant vit dans un milieu anglophone et quand il est arrivé en maternelle, il ne parlait pas du tout français. Ils mêlent les sons. Par exemple, V qui fait fffff, N qui fait mmmmm, etc. Je lui ai imprimé les lettres de l'alphabet sur un carton. Sous chaque lettre, il y a une image dont le premier phonème commence par la lettre. Cela l'aide, mais je me demande comment l'aider davantage à apprendre le son des lettres.

 

Question 42 : Comment aider un enfant qui confond les sons des lettres ? Quelles sont les stratégies d'écoute que je pourrais travailler avec lui ?

RÉPONSE : Premièrement, il faut lui faire entendre la sonorité de chacune des lettres de la langue seconde à apprendre et non du nom de cette lettre car la même lettre « R » en français et en anglais n’a pas du tout la même vibration sonore du fait que la position buccale ne soit pas la même. Donc, reprendre le son correspondant à chaque graphie est la première étape à franchir avec cet enfant quel que soit le programme qu’il vous faut suivre pour répondre aux objectifs du MELS. Aussi, vérifier s’il a la même difficulté à gérer les sons dans sa langue maternelle.

Deuxièmement, pour stimuler la bande sonore de la langue seconde à intégrer, ne mélanger pas les deux langues car l’enfant va garder la bande sonore connue en référence et il ne pourra développer les circuits synaptiques nécessaires à l’élaboration de la communication fluide avec l’accent associé à la langue seconde. Il va de soi qu’il faut y mettre le temps et la constance au même titre que pour l’apprentissage de toutes autres notions.

 

Mise en situation : J'ai d'ailleurs un élève qui semble ne jamais écouter et qui est lunatique et je croyais qu'il manquait de motivation à l'école. Sans poser le diagnostique de déficit d'attention ou en attendant que ses parents décident de consulter pour une évaluation auditive que puis-je faire avec cet élève? Ma question est donc:

Question 43: Avec un élève qui semble avoir un déficit d'attention, quels moyens concrets ou méthodes efficaces puis-je utiliser avec lui en classe pour l'aider à avoir des stratégies d'écoute? Doit-on absolument travailler individuellement avec cet élève ou si l'aide peut être apportée même si on travaille en grand groupe avec les autres élèves?

RÉPONSE : Il est évident qu’une approche individuelle corrige précisément la difficulté de cet élève à analyser les sons qui demandent trop de temps et d’énergie à l’analyse. Par contre, en classe, l’élaboration de stratégies d’écoute favorisant un intérêt réel à l’activité en cours lui rendra un précieux avantage. Comment l’installer dans votre classe, revient à tenter diverses façons d’intégrer son écoute au besoin de la tâche à accomplir. Ici, croyez en votre créativité, elle vous sera étonnamment efficace.

 

Mise en situation : J’enseigne actuellement dans une classe de première année. J'ai deux élèves dans la classe qui ont un déficit d'attention avec hyperactivité. Pour les aider, j'utilise des stratégies où le visuel occupe une grande partie. Je travaille beaucoup avec eux individuellement, je leur donne des coquilles quand il s'agit d'exécuter un travail écrit, et je les mets en dyade avec les autres élèves... Mais cela reste encore difficile pour eux, ce qui influence grandement leurs apprentissages, surtout au niveau de la lecture et plus spécifiquement du décodage.

Question 44:Quels moyens concrets puis-je utiliser pour aider ces élèves à progresser en lecture et surtout au niveau du décodage des lettres et des mots?

RÉPONSE : Je vous ai donné plusieurs applications en début de cette rencontre. Adaptez-les à vos élèves, en faisant bien attention à diminuer le plus possible l’apport du visuel dans vos travaux d’intégration. Ex : évitez d’utiliser les étiquettes-mots, jouez à leur faire entendre le son de la lettre « P » par exemple et donnez leur le temps de faire l’écoute des mots dont le premier son est celui du « P », afin qu’ils entendent de leur propres idées et de là, structurez leur pensée en utilisant 2 ou même 3 mots à intégrer dans leur phrase. J’aime beaucoup cette activité car les enfants font partie de la solution. La réponse sera évaluée en fonction de notre compréhension de leur message et voilà leur motivation engagée à la réussite et non à la protection devant la peur de rater. Ils sauront par la suite transférer cette écoute au décodage, et ainsi facilité l’apprentissage à la lecture et à l’écriture.

 

Question 45 : Je dois vous dire qu’elle est très spécifique. Lors de ma lecture, j’ai accroché sur cette phrase : « La stimulation et l’accès à son ouïe (l’hémisphère gauche) permettent le développement de l’estime de soi. » Je me demandais donc si l’estime de soi se développait grâce à la satisfaction de produire et de créer un message. Est-ce bien cela, ou il y a un élément qui m’échappe?

RÉPONSE : Attention, ne mélangeons pas l’estime de soi et les engrammes à l’hémisphère gauche du cerveau. L’estime de soi réside dans l’expérience du succès. Or, il importe, pour réussir, de mettre à contribution les engrammes installés dans nos deux hémisphères en facilitant le passage de l’un à l’autre par le corps calleux, afin de tirer profit au maximum de notre capacité intellectuelle. De cette pratique, nos aurons du succès et de succès en succès, nous bâtissons une estime de soi qui nous propulse dans toutes sortes d’expériences structurantes et satisfaisantes.

Permettez-moi de vous recréer ici une réponse écrite au groupe d’hier, car le propos s’adresse tout autant aux jeunes enfants qu’aux jeunes adultes. Voici la réponse déjà donnée hier à propos de la motivation:

RÉPONSE déjà donnée : Je tiens souvent le discours qu’un enfant non motivé à la vie en meurt!

Voilà simplement ce que je veux dire. L’instinct de survie animal nous permet d’évaluer une situation urgente en nous précipitant aussitôt dans une action favorisant notre survie et ce, sans un instant de réflexion! Voilà! Notre biologie nous transmet l’influx nerveux nécessaire pour rester en vie. Si, au lieu d’avoir à protéger la vie en faisant échec à ce qui peut provoquer la mort, nous voulons nous protéger d’une souffrance comme par exemple celle de l’échec, alors, nous allons utiliser toute notre énergie, tout notre savoir à instaurer un comportement, ou certaines actions, pour réussir à notre projet de protection Voilà notre priorité! Voilà où j’investis ma motivation! À ce moment, l’apprentissage passe au second rang. Rien ne me fera changer d’option, tant et aussi longtemps que je serai à l’affût de cette souffrance de l’échec.

L’enfant qui fait des crises monumentales parce qu’il refuse de faire ses devoirs a toujours une bonne raison émotive….Il a peur de rater, ou qu’on le réprimande ou qu’on lui dise qu’il est (vocable négatif) ou que sa maman ne s’en occupera pas s’il fait seul se devoirs… et quoi encore? Il est motivé à se PROTÉGER D’UNE SOUFFRANCE! Pour lui, il a réussi. Pour nous qui le savons intelligent, nous avons une toute autre priorité : faire en sorte que notre élève réussisse pour toutes sortes de raison aussi. Nous embarquons alors dans la guerre des mécanismes de défense. C’est l’opposition!

Nous avons raison de dire que si l’enfant n’est pas motivé, il ne réussira pas. Par contre, je précise en disant : « Si l’élève est motivé à survivre (protection devant une souffrance), il ne peut être motivé à la vie (réussite d’apprentissage, essentielle à sa réussite, à son évolution). » Voilà pourquoi il me semble prioritaire d’être à l’écoute de ce qui lance nos étudiants dans une action, plutôt que dans une autre.

Je crois très important pour le parent, tout autant que pour l’enseignant, de bien saisir cette réalité de l’étudiant. Nous sommes alors à favoriser une communication de qualité. Elle favorisera alors une solution acceptable pour tous. C’est la coopération essentielle à nos réussites!

 

Mise en situation : J’ai un acouphène à l'oreille droite depuis plusieurs années, sûrement le résultat de cours de sculpture sur pierre et de locaux bruyants. Je trouve que je suis beaucoup moins attentive et concentrée depuis les dernières années.

Question 46 : Est-ce que mon déficit d'attention peut être causé en partie par l'acouphène, étant donné qu'il est du côté de l'oreille directrice?

RÉPONSE : Je ne peux pas vous répondre avec conviction. Cependant, il est reconnu qu’un son plus ou moins aigu et constant devient une source de distraction constante, surtout s’il s’est installé longtemps après une expérience d’écoute sans acouphène.. De plus, il est bien documenté que la présence d’acouphènes réclame une énergie constante, ne serait-ce que pour récupérer l’oreille sollicitée, même durant le sommeil.

 

Question 47: Dans une classe de préscolaire, y a-t-il des sons (intensités, tonalités ou instruments) à privilégier plus que d'autres, afin de bien équilibrer l'écoute centrale?

RÉPONSE : L’idéal dans toutes les classes serait de privilégier l’écoute de sons mélodieux à faible volume. C’est loin de ce qui se vit en réalité. Il est illusoire de croire que les étudiants se concentrent mieux en écoutant leur musique. Ce qui est vrai pour eux, c’est qu’ils sont inconfortables dans le silence, car ils n’ont pas appris à l’apprivoiser. Je sais que notre société se fait un plaisir de toujours avoir une musique quelconque dans les oreilles et à tue-tête le plus souvent possible. Conséquemment, de plus en plus d’adolescents sont en perte d’acuité permanente. Quel malheur!

Pour revenir à la classe préscolaire, les instruments comme la flûte, le tamboa, le tam-tam et les carillons sont tous très intéressants, d’autant plus qu’ils permettent aux enfants d’intégrer la notion du rythme du même coup. Les histoires aussi, telles que PIERRE ET LE LOUP et plein d’autres du même genre, à écouter durant la période de repos s’avèrent un bon moment de détente pour les petits qui ne s’endorment pas durant cette sieste. Plus vous serez créative et emballée, plus vous influencerez positivement les tout-petits.

Mise en situation : J'ai récemment consulté une orthopédagogue de mon école, car j'ai remarqué quelques difficultés chez certains de mes élèves. (Inversion de lettres, de sons, difficulté en écriture et en lecture, etc.) Malheureusement, puisqu'il s'agit d'élèves de deuxième année, je me suis fait dire qu'il était trop tôt pour poser un quelconque diagnostique, ou avoir accès à des ressources pour les évaluer. Cela me perturbe et j'aimerais, malgré tout, leur venir en aide maintenant, pour qu'il y ait le moins de lacunes possibles dans leurs apprentissages.

 

Question 48 : Existe-t-il des moyens pour aider les enfants à ne pas confondre les lettres entre elles?

RÉPONSE : Oui. Vous avez totalement raison. Il faut s’assurer que, dès la maternelle, l’enfant associe à la graphie le son qui lui correspond et non le nom de la lettre. Voilà ce sur quoi j’insiste dans ma pratique, avant même de leur présenter un mot précis à lire. J’en profite pour préciser qu’il est vrai et bien documenté que pour la majorité des enfants (ceux qui se situent dans le centre de la cloche) arrivent à juxtaposer le son correspondant à la graphie présentée. Par contre, la perception visuelle est de plus en plus stimulée au détriment de la perception auditive. La perception auditive est mise de coté, car l’on croit encore que tout se fait simultanément avec la perception visuelle. Il nous faut les évaluer séparément afin de s’assurer que l’analyse des deux perceptions se fait globalement. Le décalage étant important, les deux perceptions ne font plus équipe. Il faut donc rattraper le retard. Ce n’est pas sorcier, on ne parle aucunement d’une dysfonction incurable, on parle de récupérer un retard, et plus on intervient au début de l’apprentissage de la lecture, moins l’élève s’installe dans un mécanisme de protection, à son détriment! Il faut donc présenter la graphie, en faire le son et, de là, stimuler l’écoute à chercher les mots que l’enfant connaît déjà et qui commencent par le son ciblé.

Puis, on en colle 2 l’un à l’autre, et l’enfant doit faire successivement les sons de ces graphies, puis on en colle 3 et l’élève les verbalise encore. Une fois que l’on a présenté plusieurs possibilités, on a présenté les syllabes, et voilà ce qu’on colle pour les vibrer et le décodage s’installe. C’est beaucoup plus agréable pour le jeune de s’entendre et réussir, que de tenter de deviner le mot qu’on a demandé d’apprendre visuellement seulement. Je vous donne mon opinion! Les enfants à qui les étiquettes-mots deviennent l’outil principal de leur apprentissage de la lecture devinent de plus en plus et saisissent très rarement le message contenu dans le mot. Est-il étonnant qu’ils n’arrivent pas à exprimer leur pensée dans la structure établie de leur langue parlée?

Je vous encourage à vous créer plein de jeux sans mot et vous verrez à quelle vitesse les enfants arrivent à s’investir dans une démarche rassurante. Pas besoin de diagnostique pour commencer. La biologie nous l’impose!

 

Mise en situation : Peu de spécialistes, dans le domaine du déficit d’attention, se penchent sur l’importance de l’écoute. Ils critiquent cette dernière et y apportent des solutions de rechange, notamment au niveau des soutiens visuels à favoriser et à mettre de l’avant en salle de classe. Il y a aussi peu que deux semaines, j’étais à Edmonton pour la convention du NCTCA et j’ai assisté à une conférence sur le déficit d’attention dans laquelle la conférencière vantait les bénéfices du non verbal de l’enseignant, lorsqu’il enseigne. Cela vient évidemment confronter ce que vous proposez dans votre livre (p.64-67).

Question 49 : À la page 117 de votre ouvrage, entre autres, vous faites référence à des stratégies d’écoute et à l’importance de les mettre en pratique quotidiennement. Plus spécifiquement, dans un contexte d’enseignement à l’élémentaire, quelles sont ces stratégies d’écoute efficaces à mettre en place et comment les enseigner à nos élèves?

RÉPONSE : Je crois que je viens de répondre à votre question en répondant à la question précédente.

Je vous laisse sur une citation que j’ai particulièrement appréciée dans votre ouvrage : « Apprendre, c’est comme manger. Il faut avoir faim! Une faim qui nous porte vers ce qui va nous nourrir, nous rassasier physiologiquement, intellectuellement et affectivement. » (Christophe Laverdière, 2007, p.74)

Mise en situation : Ce qui me surprend le plus est de savoir qu'un élève hyperactif ressent un déséquilibre. Je comprends mieux pourquoi mes élèves hyperactifs réalisent leurs travaux debout, ou agissent de façon impulsive. Je vais maintenant essayer d'intervenir différemment avec eux. (Mais comment ? Car nous ne les aidons pas en les laissant bouger en travaillant).

 

Voici quelques questions soulevées durant ma lecture :

 

Question 50 : Comme l'évaluation peut s'avérer longue et inaccessible pour certains élèves, pouvons-nous effectuer l'évaluation de l'écoute centrale à partir d'autres outils que ceux de l'audiologiste ou d'un spécialiste ? (Ou enfin, pouvoir faire un «pré diagnostique» ?)

RÉPONSE: Ce sont les outils d’évaluation les plus fiables. Par contre, en classe, vous pouvez déjà axer la présentation des nouvelles notions selon les pistes d’écoute, pour ensuite les représenter visuellement en insistant toujours sur les mêmes repères, la même démarche et les même mots, car, plus on change les mots dans nos explications, plus l’enfant en déficit de l’analyse se sent déborder avec toutes ces vibrations de sons, différents à saisir. C’est alors qu’ils décrochent et choisissent d’aller dans la lune ou, de contrôler la conversation eux-mêmes, par leur idée à eux. Ils la comprennent!!!

 

Question 51 : En attendant les résultats ou l'évaluation, comment pouvons-nous favoriser l'écoute dans notre classe (Je crois bien que nous aimerions avoir des conseils concrets, afin d'aider nos élèves)

- Disposition de la classe… Selon votre propre priorité! Vous êtes le capitaine à bord!

- Affiches… Peu à la fois, et renouvelez les souvent!

- Coins spéciaux… À conserver pour permettre à l’enfant de se remettre au calme ou, de diminuer les trop nombreuses distractions dans la classe.

- Activités de groupe pour développer les 5 sens… EXCELLENT

- Stratégies d'enseignement… Inspirez-vous de votre créativité à partir de mes exemples.

- Approches pédagogiques… Elles sont toutes valables! Il s’agit de les varier pour proposer le plus d’options à vos élèves investis dans leurs apprentissages.

 

Question 52 : À propos de la calligraphie, est-ce qu'un enfant qui trace ses lettres en ne respectant pas le sens de rotation de la vibration sonore, va avoir plus de difficulté à comprendre ce qu'il écrit et ce qu'il lit ?

RÉPONSE : Absolument, et en plus, il mettra beaucoup plus de temps à l’écriture, ce qui va toujours le distraire de ses idées à traduire à l’écrit.

 

La rééducation de la calligraphie en revoyant le tracé des lettres peut-elle avoir un impact représentatif ?

RÉPONSE : Oui, surtout si vous insistez sur le mouvement (rotation) du son. C’est partout pareil, les musiciens, les danseurs, les patineurs, les acteurs, ont tous à intégrer les mouvements de base spécifiques pour pouvoir ensuite peaufiner leurs prouesses. Pourquoi pas l’écriture?

 

Question 53 : De quelle façon les acteurs gravitant autour des élèves (parents, enseignants, psychologues, orthopédagogues, orthophonistes, etc.) peuvent-ils rééduquer un élève ayant une écoute centrale dysfonctionnelle ?

 

RÉPONSE : En formant une équipe ayant un objectif commun et clair, tout en respectant les forces, talents et expertise de chacun.

 

 

Question 54 : Est-ce que ces professionnels peuvent vraiment rééduquer ces élèves, ou vont-ils seulement les amener à développer des stratégies compensatoires ?

 

RÉPONSE : Pour le moment, leurs interventions sont surtout basées sur des stratégies de compensation et ils sont de plus en plus intéressés à leur fournir des outils de compensation. Rien à reprocher à l’outil, mais attention à comment il est utilisé! Toujours favoriser l’élève à faire partie de la solution! Écouter ses idées et comment il réussira à nous les partager.

 

Mise en situation : Mon petit neveu semble avoir le profil de l'enfant ayant un trouble au niveau de son écoute centrale. Il a eu plusieurs otites en bas âge et aujourd'hui, 4 ans et demi, il est dysphasique. Il aura 5 ans en septembre. Il s'isole déjà des autres enfants. Il ne veut pas d'amis. Il n'ose plus s'exprimer, ou très peu. Mon frère a fait son inscription à la maternelle pour septembre.

 

Question 55 : Suggéreriez-vous aux parents de travailler son écoute centrale avant de l'envoyer à l'école?

 

RÉPONSE : Oui! Le plus tôt, le mieux. Selon mon expérience, la maternelle est le moment idéal pour procéder à la rééducation auditive car, elle va de pair avec le programme. Relisez l’expérience de FLASH MCQUEEN! L’enfant se sent de plus en plus confiant en ses capacité et le voilà sur le chemin de l’élaboration d’une bonne image de lui-même. ET, au besoin ça se poursuit en première année, au bénéfice de tous. Voilà pourquoi je n’ai pas à rencontrer ces enfants plus qu’une fois par semaine, alors que dès la 2ième année, j’ai avantage à les rencontrer 2 fois par semaine pour accélérer les avantages de la rééducation, favorisant ainsi l’élève à transférer rapidement ses nouvelles stratégies d’écoute dans l’apprentissage des notions du programme scolaire.

 

 

 

 

Mise en situation : Ma fille a eu des otites à répétition quand elle était petite. Á 4 ans, son enseignante m’a dit qu’elle ne pouvait pas défricher son message verbal. Á partir de ce moment nous avons beaucoup travaillé les sons. Elle ne prononçait par le »R ». Je me souviens que je me grattais le menton à chaque fois que je prononçais le son « R » pour insister sur ce son. Á chaque fois, qu’elle prononçait un mot avec un « L », je lui indiquais avec mes doigts (index pointé vers le haut) qu’il fallait qu’elle place sa langue en haut, derrière ses dents. Je décomposais les mots en syllabes « pan-ta-lon » en tapant dans mes mains. Elle a aujourd’hui 8 ans et elle parle mieux.

Question 56 : Á partir de quel âge un enfant est prêt à travailler sur les sons?

J'ai travaillé avec ma fille sur les sons (R, L, CH, U, ON, etc), est ce que j'ai fait de la rééducation auditive?

RÉPONSE : OUI, les otites à répétition réduisent la stimulation à l’oreille interne, du fait que le tympan gonflé par l’infection agit comme un feutre. L’enfant reproduit alors le son feutré entendu pendant trop longtemps et le voilà en difficulté d’articulation. On ne le comprend pas! Pourtant les engrammes de compréhensions sont valables. Il connaît les mots! Il les dit mollement et il devient frustré de ne pas être compris. S’installe alors un mécanisme de protection à son propre détriment. Vous avez très bien fait de travailler avec votre fille sur les sons. Je serais curieuse de vous entendre pour vérifier si vous avez réussi la résonance de la voix, si puissante à stimuler une oreille qui a manqué de stimuli, suite aux otites à répétition. OUI, vous avez certainement contribué à la remise de son écoute centrale. FÉLICITATIONS!

 

Question 57 : Avec les enfants que vous avez eus en charge, est-il possible qu’ils régressent ou qu’ils stagnent dans leurs apprentissages et pourquoi?

Réponse : Bien sur! Mais attention! Ce n’est pas une vraie régression. L’oreille, une fois stimulée et remise sur sa capacité maximale, ne retourne pas à son état déficitaire. Par contre, l’élève lui, tente de retourner à son comportement de protection ou de pouvoir illusoire. Tout handicap comporte un avantage secondaire immédiat et on aime les plaisirs immédiats!!! L’enfant a alors l’espoir qu’il a droit à une récompense, puisqu’il nous a fourni un effort pour en arriver à un résultat louangé. Il se souvient de ce qu’il recevait comme attention pour contrer sa difficulté. Il veut revivre cette satisfaction spontanée. Il reprend momentanément le comportement d’incapacité. Il nous faut être vigilant face à ce retour en arrière qui, forcément, nous inquiète. Vérifiez avec lui le pourquoi de ce retour à une attitude qui ne le rend pas si content que ça, puisqu’il pleure ou crie s’il n’a pas réussi à nous jouer le tour pour nous faire faire ce qu’il veut que l’on fasse pour lui….

Il manipule pour tenter de retrouver une illusion! Gare à vous si vous tombez dans son piège! Si l’on n’y est pas attentif, il faudra reprendre avec plus de fermeté, tout en restant très respectueux et transparent dans notre intervention, afin de lui faire vivre une expérience qui lui fera prendre conscience que de retourner au comportement d’antan ne lui apportera rien d’agréable.

Question 58 : Comment en êtes-vous venue à comprendre le rôle que pouvait jouer la rééducation auditive? Y a-t-il eu un cas en particulier qui vous a permis d’entreprendre cette longue recherche sur le sujet?

RÉPONSE : Oui, celui de ma fille comme vous l’avez lu dans mon livre, mais en même temps, j’observais chez mes étudiants une similarité de comportement ou d’attitude, lorsqu’ils faisaient face à une situation semblable à la confusion ou l’échec que vivait ma fille devant une tâche dite plus abstraite, telle la lecture ou même des casse-tête à assembler. Je me suis permise de sortir des sentiers battus et de tenter autre chose. Suite à de nombreuses lectures, démarches, expériences, compréhension et succès, j’ai fait valider, on m’a confirmé, et je continue encore aujourd’hui. Profitez-en!

Mise en situation : Plus de la moitié de mes élèves a une cote de dyslexie ou de dysphasie. Seulement quelques cas, considérés comme très aigus, ont droit aux services de notre orthopédagogue. Les autres sont considérés aptes à réussir, grâce aux groupes restreints et à la différenciation. Par contre, nos moyens sont restreints. Deux élèves sur soixante ont un portable, mais l'école ne possède pas de système de numérisation, afin de transférer les examens et travaux importants sur WordQ, etc.

Question 59 : Avec les moyens du bord, comment pourrais-je optimiser leurs apprentissages pour favoriser au maximum le développement de chacun d'eux?

RÉPONSE   : Je crois sincèrement qu’un moyen visuel quelconque, non accompagné d’une écoute appropriée et juste des messages véhiculés par cette image, donne à l’élève un espoir de réussite. Si sa difficulté à l’apprentissage réside dans une dysfonction de son analyse du traitement auditif, de tenter de détourner la cause du problème dans l’espoir de sauver du temps, de l’argent ou de tenir à ce que l’on connaît sans sortir des sentiers battus, ne changera en rien la problématique initiale. Soyons courageux! Admettons simplement que tout ce qui est tenté jusqu’ici n’a rien guéri.

Reconnaissons aussi qu’il se vit dans presque tous nos établissements scolaires un mal de vivre qui s’accentue à mesure que l’on délaisse les moments de calme, de réflexions, de compassion et de respect de l’autre, pour faire place à des bébelles attrayantes, excitantes ou des comportements inadéquats glorifiés au petit écran, mais qui ne remplaceront jamais la satisfaction profonde du travail bien fait. Remarquez que je ne parle pas des gagnants seulement, mais bien de tout cheminement permettant de nous réaliser pleinement. Pour certains, c’est la médaille d’or, pour d’autre ce sera de participer à son maximum. Applaudissons tous ceux qui se dépassent, se partagent et font une différence pour leur communauté! Nous aurons moins le goût de critiquer, juger, sentencier ceux et celles qui ne répondent pas à nos critères préétablis car, à mon sens, toute accusation suscite chez l’accusé un besoin urgent de se défendre et d’utiliser son intelligence à se protéger plutôt qu’à se manifester sainement.

 

En conclusion, il vous serait beaucoup plus bénéfique de travailler à récupérer les repères manquants chez vos dyslexiques, pour ensuite travailler sur les engrammes de structure. Ce sont les bases essentielles au développement d’une démarche logique, favorable à l’élaboration d’une réponse adéquate à la question posée. Il nous faut donc utiliser l’ajout de temps à l’intégration des repères, non au moment de l’évaluation en répondant à l’aide du WordQ, mais au moment des apprentissages. Par exemple, toujours poser les mêmes questions avec les mêmes mots. Ça pourrait ressembler à *Je cherche? *Je connais? *Je commence par?..... pour que ces repères leur donnent une structure qui n’a plus à être réorganisée à chaque étape de l’évaluation. Voilà à mon sens pourquoi ils ont peine à compléter une évaluation dans le temps recommandé. Évidemment, ce privilège ne doit jamais leur être retiré, car même s’il ne contribue en rien à leur succès, s’ils n’ont pas les repères pour structurer leurs réponses, ils ont au moins la conviction de diminuer le stress de l’échec, relié à leur emploi du temps. C’est ce qui leur aide à garder leur concentration sur le travail à faire.

Mise en situation : J'ai respectivement deux et trois élèves souffrant de surdité à divers niveaux. L'un d'eux a un implant cochléen et a de la difficulté avec son langage. Les autres ont des systèmes FM. Toutefois, je sens que je n'arrive pas, de façon optimale, à leur donner un enseignement adapté. Aucun autre moyen n'est officiellement mis en place pour adapter leur apprentissage qui est souvent ardu.

Question 60 : Existe-t-il des moyens simples que je pourrais mettre en place et transmettre à mes collègues qui leur enseignent?

Réponse : Pour vos élèves atteint de surdité, les stratégies sont les mêmes. Veuillez vous référer aux réponses 3 et 4 déjà données. Reste à les adapter selon leur potentiel et degré de surdité.

Question 61: Est-ce possible d’être à la fois dysphasique, dyslexique et d’avoir un déficit d’attention?

RÉPONSE 1: La dyslexie, le déficit de l’attention sont en majorité des cas héréditaires. L’un n’exclut donc pas l’autre, mais la seule façon efficace que je connaisse est d’établir le profil de l’analyse de son traitement auditif pour saisir clairement ce qui lui cause toutes ces difficultés à l’écriture. De plus, a-t-elle, comme la grande majorité des élèves de nos commissions scolaires, appris en première année les mots de vocabulaire avec les étiquettes-mots? Si oui, je crois sincèrement, contrairement à vous, elle n’a pas de repères auditifs valables à l’élaboration du décodage si important à la compréhension, tout autant qu’à l’élaboration d’une composition écrite. J’ai déjà détaillé comment installer ces repères en commençant par établir le code, c'est-à-dire le son correspondant à chacune des graphies. Ensuite, lier un son à l’autre dans la même syllabe pour ensuite relier les sons de ces syllabes pour en saisir le sens du mot. Pratiquer cette écoute dans une démarche simple et constante installe les engrammes nécessaires à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, des mathématiques et quoique ce soit qu’il nous intéresse d’apprendre.

Question 62 : Quel est votre point de vue relativement aux critiques acerbes qui furent adressées envers la façon de travailler du docteur Alfred Tomatis qui fut pour vous une source d'inspiration?

RÉPONSE : Dr Tomatis fut un pionnier. Tous les pionniers sont les cibles préférées des gens qui se sentent menacés dans leurs habitudes ou leurs convictions. Je ne vous apprends rien. Affirmer haut et fort que la terre est ronde, que le subconscient influence nos comportements, qu’un engin lourd et métallique puisse voler ou que notre écoute se ferme pour se protéger, alors que notre auditoire n’en a pas la compréhension ou la connaissance, on devient des fous, des détraqués, des charlatans! On a droit à la dérision, l’ostracisassions, la prison! Ce fut l’expérience du Dr Tomatis, pour se protéger, il a fait comme l’oreille face à sa souffrance, il s’est fermé! Il est devenu très sceptique, s’est retranché dans ses quartiers, a tenu à garder jalousement l’application de sa conviction, n’a pas évolué avec les expériences vécues par d’autres intervenants intéressés à son propos. Il est décédé, souffrant de ne pas avoir été compris, de ne pas avoir réussi à contribuer de façon satisfaisante à sa communauté médicale et sociale. Chacun tire sa conclusion. Peut-être qu’un jour on saura apprécier ses observations.

Question 63 : J'aimerais avoir des exercices concrets pour déjà pouvoir travailler l’écoute de mon fils de 19 mois et ainsi prévenir des problèmes ultérieurs. J'ai par contre bien pris en note de poursuivre la stimulation de tous ses sens et de diminuer mon utilisation excessive des images.

RÉPONSE 1 : ATTENTION à 19 mois rien n’est encore installé, tout est en développement!

Tirer des conclusions trop hâtives nous fait faire fausse route! Le regard soutenu d’un bébé est de très courte durée, il faut pour l’installer, l’inviter à rester présent à ce qui lui apportera contact et plaisir! Pour développer l’écoute à ce contact, chantez doucement, chatouillez gentiment, massez tendrement, bercez amoureusement, riez goulûment, amusez-vous sérieusement, écoutez au présent!

Question 64 : Comment s'est fait la sélection des enfants cités dans votre ouvrage? Afin qu'il soit valide dans vos études, un enfant hyperactif, par exemple, devait-il préalablement être diagnostiqué médicalement, afin de pouvoir s'assurer que les données, les courbes, que vous comparez, relèvent toutes du même type de cas afin de bien démontrer l'incidence des troubles ou dérèglements auditifs dans les problèmes d'apprentissage?

 

RÉPONSE : La méthode empirique est aussi une méthode scientifique. Son point de départ se situe sur l’observation des résultats pour en déduire les prémices. Voilà ma démarche.

Mon point de départ fut celui des élèves en difficultés scolaires qui n’affichaient aucune autre problématique inquiétante. Évaluer une courbe auditive, selon les données médicales reconnues, m’a permis d’en comptabiliser les similitudes et d’en déduire un profil représentant visuellement une dysfonction par ailleurs impossible à cerner, sauf par les réponses observables de l’étudiant, ce qui nous amène souvent à conclure à une fausse problématique. Il me restait à mettre en parallèle le diagnostique médical de l’élève. J’ai toujours cherché à vérifier mes observations en me basant sur les recherches scientifiques récentes de plus en plus rigoureuses sur le rôle des 5 sens qui acheminent au cerveau l’information pertinente de son environnement, lui permettant d’étoffer et de structurer les démarches bénéfiques dans tous ses apprentissages. Je n’ai donc pas sélectionné les enfants, j’ai accueilli ceux qu’on m’a confiés.

 

 

Question 65 : Serait-il éventuellement possible de déceler l'hyperactivité, le déficit d'attention ou bien la dyslexie en ne faisant passer à un enfant qu'un test auditif? Si oui, cette possibilité serait selon moi révolutionnaire, car souvent, il peut se passer beaucoup de temps et d'enquêtes avant de pouvoir faire le bon diagnostique et du temps précieux d'aide est perdu.

 

RÉPONSE : OUI, À LA CONDITION DE L’INTERPRÉTER EN FONCTION DE SON HISTOIRE, SON VÉCU. Je dis souvent aux élèves que ce profil prend la photo de comment ses oreilles se préparent à écouter. Il est l’acteur principal de ce scénario! Il nous faut connaître son décor, les circonstances qui influencent la façon qu’il a priorisé pour s’y adapter. Et oui, c’est simple, juste, peu coûteux et rapide!

Voilà ma motivation à venir en aide à ces étudiants, avant que la souffrance de l’échec ne vienne saboter leur élan de vie!

 

 

Question 66 : Serait-il possible d’être affublé d’un dysfonctionnement de la vision centrale??

RÉPONSE : Il faut faire évaluer votre perception visuelle au même titre qu’il faut évaluer la perception auditive chez des étudiants pour qui il est difficile de capter un message auditif. Attention! Je ne parle pas ici de pathologie médicale. Le profil auditif, n’a pas pour but de déceler une surdité, mais bien de préciser si le message évalué est adéquat. Donc, je parle toujours de dysfonction et non d’une anomalie, d’une maladie. Par exemple, si avez mal syntonisé le poste sur la radio, vous ne percevez pas le message clair que vous envoie cette radio. Pourtant, la radio fonctionne, l’animateur s’exprime clairement. Il suffit que vous replaciez l’antenne au bon endroit et le tour est joué! C’est sur ces antennes, nos 5 sens, qu’il faut investir notre énergie à l’évaluation. Pas automatiquement au cerveau! L’inverse est vrai. Certains comportements prennent sources dans différentes anomalies du cerveau. Ne concluons pas trop vite. Suivons une démarche structurée pour en arriver à une conclusion représentative de la réalité du sujet évalué. Assurez-vous que le professionnel que vous allez consulté ne se limite pas à évaluer votre acuité visuelle, mais bien comment votre perception visuelle vous rend l’image avec justesse et clarté.

Question 67 : Est-ce mieux de créer une classe où des élèves en difficulté relativement légère sont regroupés et encadrés par un enseignant spécialement formé, ou est-ce mieux d'intégrer les élèves en difficulté dans des classes régulières, tout en les encadrant par des professionnels?

 

RÉPONSE : Je me sens un peu coincée en répondant à votre question. Non pas parce que je ne sais pas quoi dire, mais parce que je dérange énormément les décideurs du fonctionnement de notre système d’éducation. Je vous donne donc mon opinion sans diluer ma pensée, mais je vous avoue qu’elle n’est pas recevable de la part des administrateurs. Voilà mon opinion!

Compartimenter quoi que ce soit ou qui que ce soit le prive de son plein potentiel.

Je m’explique : limiter l’espace d’un poupon dans sa couchette pour nous assurer de sa sécurité le prive de découvrir un nouvel environnement. Dans le même ordre d’idée, entasser nos économies dans un bas de laine, nous prive de profiter des bénéfices de placements réfléchis. Souvent, imposer ma solution à ton problème te prive de découvrir toutes les options qui s’offrent à toi pour réussir ton projet. Je suis très consciente que toutes ces bonnes intentions ne sont pas toujours applicables dans la réalité que nous avons à gérer. Voilà pourquoi je cherche à former une équipe pour pouvoir fournir aux enfants en difficulté le meilleur environnement possible à leur évolution maximale. À vous de jouer dans votre classe avec les enfants que l’on vous confie! SOYEZ CRÉATIF ET ATTENTIF! Vous serez satisfait de votre bon travail accompli!

 

 

Mise en situation : La section Recherche de la satisfaction immédiate au chapitre 4, a réellement capté mon attention. (C'est le cas de le dire!) Vous mentionnez que le cerveau de l’enfant, étant habitué de voir des images complètes et parfaites, recherche de la satisfaction sur-le-champ. Il est donc normal pour le jeune de faire preuve d’impatience, car il recherche un plaisir immédiat. L’enfant n’a plus besoin de se construire des repères dans le temps et dans l’espace ou de développer son écoute pour créer une image.

J’ai justement souvent l’impression de devoir faire des culbutes et des tours de magie afin de capter l’attention des élèves, car plus rien ne les impressionne. Peu de choses les surprennent et les émerveillent.

Question 68 : L’explication offerte quant au pourquoi du manque d’attention des jeunes est valable, mais cette réalité s’applique-t-elle uniquement qu’aux élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage, ou est-ce une problématique générale auprès de nos jeunes?

RÉPONSE : D’abord, je précise que ce n’est pas NORMAL mais CONSÉQUENT que nos jeunes deviennent de plus en plus impatients et en manquent de compassion. Ils recherchent constamment ce qu’ils veulent voir d’intéressant de leur environnement immédiat. Ça les excite! Ça fait passer le temps! C’est facile, ça amène un plaisir, mais ça ne les satisfait aucunement. Le pourquoi de cette réelle insatisfaction réside, je crois, dans le fait que cette image, ils n’ont jamais eu à l’imaginer, la fabriquer, la perfectionner.

Voilà un manque à gagner sérieux car, sur quels repères vont-ils s’appuyer pour créer leur vie? Ce manque de repères devient à son tour la cause de ses difficultés d’apprentissage. Il devient à mon sens urgent de récupérer leur écoute en baisse du fait qu’ils vivent mal dans le silence qu’ils ne savent meubler par leur propre création. Le besoin est criant! Le taux de décrochage ne cesse d’augmenter, c’est contre nature que de se détruire alors que l’on vit dans l’abondance!

Voilà pourquoi vous tentez toutes ses entourloupettes pour vous rendre intéressante. Pire encore, elles ne fonctionnent pas, puisque ce n’est pas ce qu’ils veulent voir et qu’ils n’ont pas de « zappette » pour vous effacer à leurs yeux.

Travaillons ensemble à redonner à l’oreille la place qui lui revient dans la biologie de notre corps humain, afin de maximiser tout le potentiel intellectuel de nos étudiants.

 

 

Question 69 : Est-ce que c'est une erreur de penser que le domaine de force (ex. être visuel, plutôt qu'auditif) sera la clé pour la réussite scolaire, ou, au contraire, ce domaine de force pourra aggraver la situation en augmentant l'évitement?

RÉPONSE : La porte d’entrée déjà ouverte n’est pas nécessairement une force. C’est une ouverture valable, sans plus. La force réside dans une créativité appliquée à développer un outil, une idée, un tableau, une production, un exploit, en gérant de façon maximale nos élans de vies et nos talents à concrétiser ce que nos passions nous inspirent. Voilà où cibler nos énergies et nos objectifs.

Mise en situation : Dans une de mes classes, il y avait un élève âgé de 14 ans qui faisait régulièrement des erreurs de prononciation entre les "ch" et les "s". Il pouvait dire une "saise" pour une chaise et un "sa" pour un chat. Évidemment, il faisait souvent rire de lui. Va-t-il faire ces erreurs toute sa vie?

 

Question 70 : La rééducation est-elle possible? Est-ce un problème auditif?

 

RÉPONSE : À mon sens il est tout indiqué d’évaluer si d’autres fréquences sont mal analysées dans son écoute centrale. Ce détail indique qu’une analyse reste inadéquate, surtout si vous avez tenté à maintes reprises de corriger cet écart de prononciation. À prime abord, on peut penser à une dysfonction de son écoute centrale. Il faut évaluer et oui, la rééducation auditive récupèrera son articulation.

 

 

Mise en situation : Je vous partage mon expérience. Au primaire, dans ma classe de 5ème année, j'ai un élève qui est dyslexique. Enseignante spécialiste, je lui enseigne l’anglais qu’il a de la difficulté à apprendre.

Question 71 : Comment savoir faire la distinction entre troubles d’apprentissages et dyslexie, sachant que vraiment les troubles d'apprentissages créent un vrai handicap pour les élèves dans leur cheminement scolaire?

RÉPONSE : Oui! D’abord, troubles d’apprentissage est le titre d’une catégorie qui regroupe plusieurs problèmes à l’apprentissage scolaire. La dyslexie en est une parmi tant d’autres.

Ensuite, les dyslexiques ont une grande difficulté à se donner des repères profitables pour structurer ce qu’ils ont à faire. Ce problème est aussi présent dans sa langue maternelle. Par contre, si vous ne pouvez converser dans sa langue, vous ne pouvez pas retrouver sa difficulté à son expression spontanée. Ce que je crois possible, c’est qu’il n’arrive pas à placer la vibration propre à la langue seconde, à l’intérieur de la bande sonore de sa langue maternelle. Si vous enseignez à des élèves du secondaire, leur réaction est de s’opposer à ce que vous les sortiez de leur zone de confort, soit la bande sonore de leur langue maternelle. Il faut alors jouer à créer plein de jeux sonores, pour les amener à trouver plaisir à développer une autre façon d’émettre les sons particuliers à la langue que vous chercher à leur apprendre. Je vous propose alors de sortir du visuel, sortez des manuels et créez des jeux de conversations sonores, sans sens nécessairement, pour les amener à réaliser qu’ils ont la possibilité d’être en conversation sans connaître tous les mots ou les règles de cette nouvelle langue. L’inquiétude de l’échec ferme les oreilles….Ouvrez leur écoute par le plaisir de découvrir! Amusez-vous avec eux!

Mise en situation : Je suis violoniste et que j'ai développé l'oreille absolue, inutile de vous dire que le sonore occupe (envahi, même!) ma vie. La lecture de votre ouvrage m'a donc bien plu et m'a fait réfléchir sur certains points auxquels je n'avais jamais réfléchi, notamment au fonctionnement de l'oreille et à son lien avec la dyslexie.

 

Je me suis aussi souvent intéressée à l'inconscient. En psychanalyse, on avance que tout fait trace chez l'être humain. Vous faites vous-même souvent référence à la mémoire du corps, notamment en associant le problème de prononciation de votre Flash McQueen à sa naissance, moment critique duquel le corps se souviendrait (on aurait soulevé le bébé par la tête, et une partie du cou en serait restée affectée).

 

Plus loin, vous avancez que pour corriger un trouble de langage, il faut entre autre que "le lieu du traumatisme soit précisé dans le corps de l'enfant" et qu'il faut "travailler également l'aspect psychologique du problème, car la vibration du son réveille une souffrance gravée dans la mémoire du corps".

 

Question 72: Doit-il absolument y avoir eu un traumatisme pour qu'il y ait trouble de langage et si, tel est le cas, comment arriver à l'identifier? Est-ce que le trouble de langage peut toujours être ramené à la mémoire du corps qui tente d'éviter la souffrance?

 

RÉPONSE : Non, chaque histoire a sa portée. On connaît trois causes principales au problème de langage. D’abord une tare héréditaire, ensuite les otites à répétition et finalement, les traumatismes laissant leurs séquelles au niveau de la mémoire cellulaire. Quelle que soit la cause de la problématique, il convient toujours d’être soi-même à l’écoute du ressenti de l’élève, car c’est lui qui a choisi de se protéger, ou de s’adapter, à sa difficulté. Les avenues sont nombreuses et il faut rester vigilant à respecter le vécu de la personne à qui l’on veut prêter main forte, afin de choisir l’intervention qui sera profitable.

Mise en situation : Les enfants en difficulté d’apprentissage, tout autant que les doués, ont été souvent mal diagnostiqués, et ne retrouvent pas à l’école un climat favorable à l’épanouissement de leur personnalité. Il serait préférable de les encourager à accroître leur potentiel.

Question 73 : Comment peut-on faire pour stimuler leur écoute et l'utiliser comme moyen efficace pour retirer le meilleur d’eux? Je parle ici du cas dans une classe hétérogène.

RÉPONSE : Bonne question! Vous avez totalement raison. Les deux extrémités de la représentation graphique de la répartition de la réussite des élèves dans un groupe, LA CLOCHE, démontre bien que les élèves en difficultés sont représentés à la gauche de la cloche et les élèves doués à la droite. Ceci n’est que la représentation du nombre des élèves de ce groupe qui se manifestent dans telle ou telle catégorie. Leur besoin est le même. La démarche est aussi la même. Ce qui est différent, c’est qu’il nous faut être très vigilant à capter tous les subterfuges qu’ils se sont amusés à installer pour nous dérouter ou simplement pour se rendre la vie plus agréable!!!!

Plus ils sont intelligents, plus ils sont passés maîtres de l’intimidation, de la manipulation. Soyez à l’écoute de votre propre senti et vous leur apprendrez l’écoute de leur réalité, leur capacité. À vous de jouer!

Mise en situation : J'enseigne l'univers social et je constate que bien des étudiants ont beaucoup de difficultés à maintenir une écoute attentive lors des cours.

Question 74 : Compte tenu que les élèves sont de plus en plus au niveau visuel et qu'il y a évidement une carence au niveau de la stimulation auditive, quelle serait la meilleure stratégie à adopter pour permettre à un groupe relativement hétérogène d'améliorer ses compétences au niveau de l'écoute?

RÉPONSE : Vous avez la matière idéale pour installer toutes les balises de la communication verbale dans l’écoute. C’est la même technique : établir repères de communication dans l’écoute du message verbal et non verbal. Jouez à créer toutes sortes de situations selon le programme à couvrir et faites en sorte que tous vos étudiants deviennent les acteurs principaux de la solution à privilégier. Vous allez vous amuser tout autant qu’eux et ils n’en seront que plus reconnaissants. La vie se vibre! Sortons des livres et investissons nos talents à développer des relationnelles satisfaisantes et enrichissantes.